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Master Meef : changer la place du concours a de multiples conséquences….

Article publié le vendredi 28 février 2020
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Les master MEEF préparent aux concours des métiers de l’éducation : professeurs, CPE, et ingénieurs pédagogiques de formation. Leur cadre est fixé par un arrêté de 2013, en cours de modification. C’est la conséquence de la décision prise par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse de déplacer les concours de la fin du Master 1 à la fin du Master 2. Le « toilettage » de l’arrêté de 2013 entraîne de lourds changements pour les conditions d’études, l’organisation des stages pour une formation professionnelle par alternance, les contenus de formation.

L’article 6 est modifié pour placer les concours de recrutement au cours du dernier semestre de Master. De cette modification fondamentale découlent d’autres nécessaires adaptations du texte. Parmi celles-ci , il en est une d’importance donnant aux étudiants en formation par alternance non plus le statut de fonctionnaire stagiaire mais le statut de contractuel sur « ORS d’un tiers de temps des missions de personnels enseignants ». Ainsi, l’article 15 ouvre la possibilité d’organiser cette alternance en un contrat de 12 mois consécutifs « au cours du Master » c’est à dire sur Master 1 et Master 2, aux semestres 2 et 3. Ce qui permet de libérer le semestre 4 des contraintes de stage pour que les étudiants puissent se consacrer pleinement à leur mémoire de Master et au concours. Bonne intention MAIS les conséquences sont problématiques :
-  1: il faudra trouver des supports de stage en 1/3 temps à partir de février, (début de semestre 2 en année universitaire) or dans le cadre de stages filés, les services en temps partiels dans les écoles ou Eple sont organisés dès septembre pour une année scolaire entière. Premier difficulté pour les rectorats et DSDEN. Sauf, si on s’accorde sur une modalité de stages filés en observation et en pratique accompagnée, auquel cas, il sera nécessaire de recruter, former, rémunérer des enseignants pour accueillir les étudiants. Le MENJ accepterait-il de rémunérer sur contrat des étudiants qui ne seraient pas en responsabilité face à élevés mais bien en pratique accompagnée par des enseignants présents titulaires de leur classe ?
Si ces stages sont massés sur période de 3 semaines par exemple, cela nécessite de libérer les titulaires des classes pour de la formation continue (ce qui n’existe plus actuellement). La modalité de stage sera alors de laisser en responsabilité les étudiants face aux élèves.
L’administration ne donne pas de réponses affirmées sur ces modalités, elle envisage de multiples possibilités (stages filés ou massés) sans anticiper les difficultés organisationnelles. Bref, si février est un marqueur de l’année universitaire il ne l’est pas de l’année scolaire. De vraies clarifications sont nécessaires.
- 2: contractuels sur 12 mois consécutifs, donc de février à février. Comment un étudiant vit- il matériellement sur la fin de son Master? Comment paye t-il son loyer de mars à juin ? Il est ici question de l’attractivité du Master Meef qui doit proposer une formation en alternance professionnelle rémunérée sur contrat ( aux alentours de 900€ pour 1/3 temps d’ORS d’enseignement) tout en assurant des conditions de vie décentes aux étudiants.

L’article 16 entérine la possibilité de deux voies de formation car il affirme que les étudiants qui ne seront pas en alternance sous contrat rémunéré de 12 mois devront réaliser « une ou des périodes de stage de 12 à 18 semaines ». Or comme il a été annoncé une quantité restreinte de berceaux de stages sur contrats d’alternance (environ 12000), la conséquence inéluctable est que certains étudiants n’y auront pas accès. Comment seront-ils choisis ? Actuellement il y a près de 30 000 étudiants inscrits en master MEEF, si ce nombre perdure, il y aura bien deux voies de modalité de formation.

L’article 4 anticipe les compléments de formation nécessaires après l’obtention du concours. Car pour s’inscrire à un concours des métiers de l’éducation, il faut avoir un Master, et pas nécessairement un Master MEEF. Un candidat peut réussir son concours sans être passé par toute cette formation progressivement professionnalisante, et donc sans jamais être allé en stage, sans jamais s’être confronté à la réalité d’une classe, d’un établissement scolaire. Il est donc prévu qu’ « après la nomination comme fonctionnaire stagiaire, un dispositif de formation tenant compte du parcours des stagiaires est mis en œuvre. » Où est-il mis en œuvre ? Par qui ? Selon quelle organisation temporelle ? Là encore, pas de précisions. Ces fonctionnaire stagiaires non titulaires d’un master MEEF pourraient être en classe, en établissement scolaire, à  mi-temps, pour se former en alternance sur l’autre moitié du temps. Pendant que les fonctionnaires stagiaires titulaires d’un Master Meef travailleraient à temps complet, et auraient quelques compléments de formation , on ne sait sur quel temps, contenus,, sur quelle régularité, …..

L’UNSA Éducation revendique une formation professionnelle et universitaire pour tous les acteurs éducatifs. L’alternance intégrative est la modalité qui permet d’assurer des savoirs scientifiques, une connaissance des publics, des enjeux du système éducatif, une capacité à concevoir et à mettre en œuvre des démarches pédagogiques diversifiées et adaptées, à travailler en équipe, à développer des compétences tout au long des carrières. Une telle formation est longue à construire. Le constat est clair, il faut clarifier tous ces impensés, ces conséquences pratiques du déplacement de la place des concours de recrutement des acteurs éducatifs. Enfin inscrire une réforme dans un temps long qui permet la réflexion et l’anticipation des changements.




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