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Extrême droite, ultra droite, fachosphère : l’AN fait le point dans une commission d’enquête

Article publié le lundi 4 février 2019
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On en parle de plus en plus dans l’actualité : très visibles sur le net ou en marge des manifestations des « gilets jaunes », les groupuscules d’extrême droite inquiètent à juste raison. Mais qui sont ces groupes ? Quels liens ont-ils avec le Rassemblement national ? Quels sont leurs modes d’actions et leurs idées? Comment même définir ces groupuscules ? Pour répondre à ces questions, l’Assemblée nationale a décidé la mise en place d’une commission d’enquête et la semaine passée, plusieurs expert.e.s ont été auditionnés. Retour sur ce que ces auditions nous apprennent sur l’ultra-droite.

Une mouvance passée au crible d’expert.e.s

Afin de mieux connaître ce milieu partisan éclaté en plusieurs familles, les membres de la « Commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France » ont auditionné mercredi 30 janvier plusieurs expert.e.s de la question. Les historien.ne.s Valérie Igounet, Stéphane François et Nicolas Lebourg, les politistes Joël Gombin, Pascal Perrineau et Jean-Yves Camus, par ailleurs directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean-Jaurès, ont passé au crible tous les aspects de ces groupes d’extrême droite. L’un des principaux apports de ces audiences a été tout d’abord de rappeler qu’en dépit du nombre très faible de militant.e.s, les thèmes de cette mouvance a une audience de plus en plus forte. Le conspirationnisme irrigue tous les courants de l’extrême droite, avec la fréquentation de sites en ligne, qui constituent sur la Toile une « fachosphère » qui dispose d’un écho grandissant dans l’opinion publique. Parmi les thématiques conspirationnistes, le négationnisme, pourtant interdit par la loi, dispose d’une audience qui se propage.

Mais les partisans de l’ultra-droite ne se rencontrent pas qu’en ligne. Les supports numériques leur permettent de mieux se connaître, de créer des affinités et de se réunir puis de participer à des manifestations, voire de fomenter des actions violentes. C’est en particulier le cas depuis plusieurs semaines, où de nombreux rassemblements en marge de la mobilisation des gilets jaunes sont l’expression d’idées d’extrême droite, de l’antisémitisme à l’appel à la violence et à la haine, en usant de codes politiques et culturels véhiculés par cette mouvance.

La place du RN dans cette sphère politique ?

Les expert.e.s auditionné.e.s se sont aussi interrogé.e.s sur les liens entre ces groupuscules et le Rassemblement national. Un consensus s’est dégagé : le RN appartient bien à l’extrême droite, en dépit de sa volonté de se détacher de cette appellation. Mais, afin de présenter un visage plus lisse, ce parti adopte officiellement une position contre certaines idées véhiculées par l’ultra-droite (comme le négationnisme) tout en participant à favoriser un écho médiatique à ces thématiques. Ainsi, on remarque que des liens peuvent être poreux entre des groupuscules de l’ultra-droite et le RN. Surtout ce dernier tente de recevoir les bénéfices de cette proximité dans les urnes. Et force est de constater que les intentions de vote pour le Rassemblement national vont en augmentant.
L’ensemble des interventions brosse un portrait très précis sur les groupuscules d’extrême droite aujourd’hui en France, et fournit de solides données sur les thèses et les stratégies adoptées.

Les positions de notre fédération

L’UNSA Éducation depuis plusieurs mois a également interrogé des expert.e.s sur la question de l’extrême droite et du Rassemblement national : c’est le cas par exemple de Joël Gombin, qui participait à cette commission d’enquête, mais aussi de Christèle Marchand-Lagier, Sylvain Crépon et d’autres encore que vous pouvez retrouver soit dans notre rubrique «Non à l’extrême droite! » soit sur notre page Youtube dans les interviews du Secteur Société.

Comme l’indique notre Résolution générale : «L’UNSA Éducation considère qu’il y a un véritable risque de prise de pouvoir de l’extrême droite en France comme en Europe. Elle est mobilisée pour contrer cette menace. Elle continue à décrypter le message de l’extrême droite et notamment du Front national qui est en contradiction avec les valeurs du syndicalisme, de la démocratie sociale et de la démocratie.» C’est pourquoi nous continuerons à nous mobiliser pour dire non à l’extrême droite !

Vous pouvez regarder en ligne les interventions passionnantes de ces chercheur.e.s : «Commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite ».

Et pour aller plus loin :

« Fachosphère : la bataille du Net a déjà commencé »

Le site de l’Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean-Jaurès




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