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Ne tuer ni terre, ni mer

Article publié le mercredi 7 juin 2017
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Après avoir admiré « le bleu des mers et le blanc des nuages, avec des variations infinies. Du bleu émeraude au bleu turquoise, du bleu foncé au bleu marine très profond. Parfois un peu de vert. Et aussi, malheureusement, du marron. On voit des embouchures de fleuves qui charrient des alluvions, c’est normal, mais aussi la pollution autour des grandes villes, en Amérique du Sud, en Chine, en Europe » Thomas Pesquet est revenu de l’espace avec la "conscience que la planète est vraiment un joyau

Ses premiers mots sur terre auront été dans ce sens : « J'ai fait l'expérience, avec mes sens, de voir la fragilité de la Planète, de la ressentir. […] Cela m'a donné envie d'inciter les gens à faire plus pour l'environnement. […] Quand je vois la décision du président américain (...) de sortir de l'accord de Paris, je pense que c'est irresponsable ». L’astronaute invite à la mobilisation de toutes et tous et dis vouloir prendre sa part.

Une intervention -venue du ciel- qui tombe à pic entre la journée mondiale de l’environnement (le 5 juin) et celle des océans (le 8 juin) et alors que s’achève la semaine européenne du développement durable.

Si les traces de pollution ne sont pas toutes visibles, observées à 400 kilomètres d’altitude, elles sont bien réelles. Ici c’est la déforestation sauvage, là un nuage opaque qui recouvre en permanence les grandes villes, ailleurs un continent de plastique à la dérive… Il faudrait ajouter la disparition de centaines d’espèces vivantes à une vitesse jamais vue, le développement d’allégies et de maladies, le manque d’eau et les exodes climatiques, l’épuisement des terres par une agriculture intensive et le recours aux produits chimiques…

Car, il faut sans cesse le rappeler, la cause de la crise environnementale est l’activité humaine. Il faut parfois prendre un peu de hauteur pour mieux s’en rendre compte. C’est ainsi qu’observateur avisé des étoiles, l’astrophysicien Hubert Reeves invite également à « évaluer la gravité de la situation avec réalisme, mais aussi de faire état des éléments positifs ». S’appuyant sur un vers du poète allemand Hölderlin, il invite à penser que « là où croit le péril, croît aussi ce qui sauve ».

C’est peut-être d’ailleurs le seul point positif de la décision du président des Etats-Unis de sortir de l’accord climatique de Paris. Il a ainsi fait une belle publicité aux conclusions de la COP 21 et a conduit de nombreux autres responsables -politiques, économiques…- à s’engager à les respecter.

L’écocitoyenneté -des puissants comme des humbles- n’est certes pas une progression régulière et sans faille. Il y a pour tous des rechutes. Tant qu’elles sont rentables, les énergies fossiles seront exploitées. Il restera encore longtemps des lampes allumées ou des robinets qui couleront… pour rien.

Mais la prise de conscience est là.

Nous n’avons qu’une seule planète. Aucune de rechange.

Et si le génie humain a été assez stupide pour tant l’abimer depuis les débuts de l’industrialisation du XVIIème siècle, il doit possédait également la capacité de construire d’autres modes de vie, d’autres voies de progrès, d’autres pistes d’innovation susceptibles de d’assurer à tous un avenir durable.

L’Education est à ce sens doublement concernée.

Parce qu’elle participe à l’évolution des mentalités. Eduquer à l’écologie, à l’environnement, au développement durable est donc une responsabilité indispensable de chaque éducateur et de chaque lieu d’Education. Chaque petit geste compte pour aujourd’hui et pour demain. Il nous faut toutes et tous apprendre à faire notre part.

La prise en compte d’un « réveil vert » doit aussi conduire à l’ouverture de l’esprit créatif, d’invention et d’innovation dans cette direction. Comment construire, se nourrir, se déplacer, créer de l’énergie, communiquer… en respectant -voire en protégeant- la nature ? Il y a là des champs immenses et inexplorés de recherches pour toutes les sciences, des sujets de travaux et de découvertes, un gisement d’emplois. Ouvrir l’esprit des enfants et des jeunes vers ces nouveaux domaines est également une responsabilité du monde éducatif.

Il s’agit tout à la fois de construire les écocitoyens et les acteurs de l’écocitoyenneté de demain. Ceux qui sauront vivre sans tuer ni la terre, ni la mer.

 

Denis Adam, le 7 juin 2017




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