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À nos nouveaux ministres

Article publié le mercredi 17 mai 2017
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Mesdames, messieurs les Ministres,

Depuis peu nous connaissons vos noms, votre nombre, l’appellation de vos ministères, même si des incertitudes demeurent sur la place de certains domaines comme celui de l’éducation populaire, de la jeunesse, de la vie associative.

Françoise Nyssen, Jean-Michel Blanquer, Jacques Mézard, Frédérique Vidal, Laura Flessel, vous allez être en charge, dans le premier gouvernement de ce nouveau quinquennat, de la culture, de l’éducation nationale, de l’enseignement agricole, de l’enseignement supérieur et de la recherche, du sport et -vous ou un(e) autre ministre- de la jeunesse, de l’éducation populaire.

Le point commun entre vos domaines de responsabilité est que tous participent à la mission d’Education de l’Etat. Cela vous confie une immense responsabilité.

Celle de donner les moyens et les impulsions pour que notre système d’Education réponde aux enjeux de demain. Celle de garantir les conditions optimales pour une Education de qualité pour toutes et tous. Celle de donner de l’espoir à toute une jeunesse. Celle de former les citoyens d’une démocratie modernisée et participative.

Cette responsabilité vous impose d’abord de travailler ensemble. Bien entendu, cela semble une évidence. Et pourtant c’est loin d’être une réalité. Si nous sommes convaincus que l’Education est un domaine partagé entre plusieurs ministères, même si celui de l’Education national en est le pivot, la coopération interministérielle demeure fragile. Elle est pourtant indispensable. C’est pourquoi nous militons pour la mise en place d’un pôle éducatif interministériel permettant d’aborder la transversalité et la complémentarité de l’ensemble des questions d’Education ainsi que l’articulation des services sur les territoires.

Cette responsabilité réclame aussi de ne pas briser ou renier toutes les évolutions en cours. L’Education s’inscrit dans un temps long, qui n’est pas celui des responsables politiques. Votre mission durera quelques mois au mieux quelques années, mais insuffisamment pour que les réformes entreprises irriguent l’ensemble d’une scolarité et donc porte des fruits évaluables. Il vous faudra certes agir et conduire des évolutions. Particulièrement dans les domaines qui ont été négligés ou mal traités par les quinquennats précédents comme dans les services jeunesse et sports, dans l’enseignement supérieur ou pour la médecine scolaire. Mais il vous faudra aussi savoir donner du temps au temps pour accompagner sans remettre systématiquement en cause des évolutions en cours et qui demandent d’être confortées.

Cette responsabilité nécessite surtout de prendre en compte les acteurs, de construire du dialogue, d’associer les professionnels aux évolutions, aux réformes, aux changements. Aucune transformation de notre système d’Education ne se fera sans l’implication des personnels et des organisations qui les représentent. Rien ne pourra se réaliser contre eux. Or les professionnels de l’Education sont pour l’essentiel des militants de leur mission. Aucun enseignant n’est heureux d’avoir des élèves en échec, aucun éducateur ne se réjouit d’un jeune qui ne s’épanouit pas… Si les changements peuvent inquiéter, ils ne sont pas rejetés en bloc. Mais ils nécessitent les moyens, l’accompagnement, la formation qui permet de les comprendre, d’y participer, de se les approprier.

Parce vous saurez travailler ensemble, conduire en cohérence les évolutions nécessaires et renforcer celles en cours, associer les professionnels de vos ministères et en faire des acteurs de transformation, vous permettrez à l’ensemble de notre société de s’inscrire dans les enjeux de ce 21ème siècle qui peine à trouver les voies de son avenir.

 

Denis Adam, le 17 mai 2017




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