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"Une première rencontre positive avec Benoît Hamon "

Article publié le mardi 29 avril 2014
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Nous reproduisons l'interview de Laurent Escure dans le café pédagogique du 17 avril 2014

Benoît Hamon a le sens du protocole. Après avoir reçu la première fédération syndicale le 14 avril, il reçoit la seconde le 16. C'est Laurent Escure, secrétaire général de l'Unsa Education, qui conduit une délégation curieuse de connaitre les intentions du ministre et de faire passer ses messages. Refondation, rythmes, utilisation des moyens dans le secondaire, salaire, laïcité, la rencontre "positive" a aussi ses surprises sur les rythmes et le dégagement de moyens dans le secondaire.

Quels messages vouliez vous faire passer à Benoît Hamon ?

Cette première rencontre a été assez positive. On venait d'avoir confirmation du maintien des 60 000 postes. La rencontre a été l'occasion de rappeler notre exigence d'aller au bout de la refondation sur le socle commun, le parcours école collège et qu'on engage un cycle de travail sur le bac -3 à bac +3 puisque le nouveau périmètre ministériel permet de le faire plus facilement qu'avant. Il nous a dit qu'il allait être dans un rôle de mise en oeuvre de la refondation, qu'il conduirait le changement initié par V. Peillon et serait sur la même ligne de dialogue social.

On a redit notre volonté que le chantier sur les métiers se poursuive pour que tous les métiers de l'éducation soient reconnus et améliorés. Particulièrement que les emplois administratifs prévus dans les 60 000 postes soient bien créés. Là aussi il a confirmé être dans la continuité.

Je l'ai prévenu qu'on allait réinterroger le rapport du ministère avec le privé. Alors qu'on cherche des économies budgétaires, les cadeaux au privé n'ont pas été supprimés. L'Etat donne 7 milliards d'euros à une école qui a brillé dans une bataille contre les projets de société qu'il s'agisse du mariage pour tous ou de l'impasse sur l'ABCD de l'égalité. On va lancer une campagne de réflexion dans la société. Il ne s'agit pas de déclencher une nouvelle guerre scolaire mais d'exiger que ce soit l'Ecole de la République qui soit soutenue et pas ceux qui sont sur des positions éloignées des valeurs républicaines.

Ce 16 avril, M Valls a confirmé les 60 000 postes mais aussi le gel salarial...

On a rappelé au ministre qu'on appelle à la grève devant une telle perte de pouvoir d'achat sur une période aussi longue.

Sur les rythmes, on a assisté à un glissement lexical, de l'assouplissement au "futur cadre réglementaire", qui donne à penser qu'on va vers la réécriture du décret. Que vous a dit B Hamon ?

Nous n'avons pas cette impression. B. Hamon cherche à prendre en compte les expériences qui existent. Nous allons nous mêmes faire remonter des situations où le cadre réglementaire actuel ne permet pas de prendre en compte des expérimentations sur 5 jours. B Hamon envisage un texte complémentaire qui viendrait autoriser ces situations sans remettre en cause le fond de la réforme. On n'est pas dans la grande remise à plat. Il veut se repositionner sur le bénéfice de cette réforme pour les élèves. A mon avis, le texte complémentaire pour l'aménagement des rythmes ne va pas tarder.

Dans les dossiers qui n'ont pas avancé il y a la réforme du collège et du lycée. Ce sujet a-t-il été abordé ?

Benoit Hamon nous a dit être disposé à continuer ces chantiers. Il y a deux axes : le chantier du bac -3 à bac +3 et la revalorisation de l'enseignement professionnel.

En Sorbonne puis à l'Assemblée nationale, B Hamon a fait de l'éducation prioritaire sa priorité. C'est un sujet qui est venu dans votre discussion ?

Il veut effectivement donner cette priorité s'attaquer aux inégalités. Pour cela il va falloir des postes. Par exemple installer un maitre surnuméraire dans chaque école de l'éducation prioritaire représente environ 7000 postes.

Mais où les prendre ?

Une grande partie de l'enveloppe des 60 000 postes en 2015 sera consacrée à cela. Avec l'évolution démographique il ne sera pas possible de faire beaucoup plus. Mais, il y a aussi des  ressources en collège et au lycée. Avec la refonte des programmes,  si on fait un bac -3 à +3 cohérent avec le supérieur, on doit pouvoir réduire un peu les horaires lycéens pour les rapprocher de ce qui se vit en université. Cela peut libérer des moyens pour le changement  et la refondation.

Dans les mois qui vont venir, l'Education nationale va être un peu comme la Suisse au sein de l'Europe en guerre, une oasis de prospérité dans un continent de rationnement. C'est possible dans la durée ?

Ca va être dur. On s'en rend compte dans les relations avec les collègues des autres ministères. Ca va nous obliger à changer le système éducatif pour mieux le démocratiser et mieux faire respecter la promesse républicaine. Ca veut dire aussi qu'il est essentiel que l'on réussisse cette refondation pour les jeunes. Cela nous donne une responsabilité supplémentaire.

Propos recueillis par François Jarraud




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