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Un parti pro-système

Article publié le mardi 30 septembre 2014
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Ne l’a-t-on pas entendu sur tous les tons. Si la France va mal, ce serait en grande partie à cause de la confiscation du pouvoir politique par les professionnels cumulards de l’UMPS. Avec l’arrivée du parti frontiste tout allait changer !

Mais il y a loin des paroles aux actes, surtout dans un parti qui manie sans cesse la simplification, l’outrance, la désinformation.

Alors de fait, le front national, dans son opération de dédiabolisation, a réussi à gagner des mairies, deux sièges de députés et –depuis ce dimanche- deux de sénateurs. On peut certes sourire du gain de ces deux derniers sièges, alors même que ces dernières années, le Sénat a tout fait pour nous convaincre de son inutilité. Il n’empêche que c’est justement le résultat du mode de scrutin (indirect et désuet) qui est révélateur dans cet événement.

Sur le papier, le vote des « grands électeurs » FN, n’aurait pu emporter l’élection d’aucun sénateur du parti d’extrême droite. Si deux d'entre eux ont été élus, c’est donc grâce à d’autres voix, celles de « divers droite » ou de « sans étiquettes » (ce qui en général revient au même !). Et pourquoi ont-ils voté pour le parti bleu marine ? Pour l’avènement du projet nationaliste, raciste et dangereux porté par le FN ? Pour certains, peut-être, parce qu’ils en sont très proches, sans réellement oser (encore) l’afficher. Mais pour les autres, c’est parce que les candidats frontistes leur ont fait des promesses, celles de soutenir leur projet ou de s’opposer à tels autres que les élus locaux refusent… Comment, avec deux sénateurs tiendront-ils leurs engagements ? Il faut être naïf pour poser la question. Chacun sait que les promesses n’engagent que ceux qui y croient et que -surtout- elles s’envolent généralement une fois l’élection acquise. Or justement, cette dérive qui consiste à séduire les électeurs (grands ou petits) sur des questions secondaires et ponctuelles plutôt que sur un programme ou un projet pour la France, ces "petis arrangements" entre élus d'un même secteur, n’est-ce pas ce que les Le Pen, père puis fille, ne cessent de dénoncer, en le désignant de « système » ?

Autre preuve, s’il en fallait, de ce « faites ce que je dis, pas ce que je fais » : le cumul des mandats. Un scandale de notre système politique auquel il faut d’urgence mettre fin. Mais voilà que depuis dimanche, il y a deux nouveaux « cumulo-nimbus » (selon le mot de Gilbert Collard lorsqu’il a annoncé, à l’Assemble nationale, pourquoi, il voterait la fin du cumul des mandats) dans la grisaille de notre ciel politique. Car les deux sénateurs sont également élus locaux. Mais faute d’une ressource militante fiable, le FN ne peut faire élire d’autres personnalités. Cela tombe bien, pour cette mandature, le système le permet encore.

Comme quoi, il a du bon ce système tant décrié.
Comme quoi, surtout, travesti sous ses oripeaux de parti antisystème, le FN est surtout un parti qui profite du système : un pro-système !




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