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Evaluations CP – 6ème : imposées et (un peu) « bricolées »

Article publié le jeudi 7 septembre 2017
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« Ces derniers temps tout aura été dit ou presque sur l’évaluation scolaire…
Trop souvent d’ailleurs, l’information du grand public aura été faite (par les médias essentiellement) à partir d’un mauvais angle ou tout au moins réducteur…
Il convient avant tout de savoir ce qui est évalué, pourquoi et comment. Donc d’être au clair avec ce qu’est l’évaluation et en quoi elle est intrinsèquement liée à la démarche d’apprentissage.
Sortir de l’évaluation sanction pour favoriser l’évaluation formation, tel est l’enjeu.
»

Ces quelques phrases servaient d’introduction au numéro 19 de « Questions d’éduc » d’avril 2015 http://extranet.unsa-education.com/Docs/Total/QuestionsEduc19/index.html consacré à l’évaluation. Elles pourraient être réécrites telles quelles aujourd’hui, tant elles sont d’actualité.

En effet, le ministre Blanquer a annoncé une évaluation descendante imposée dès le mois de rentrée à toutes les classes de CP et de 6ème.

Il ne s’agit absolument pas de faire ici le procès de l’évaluation. Elle est une démarche indispensable à l’acte d’éducation et tout éducateur l’utilise régulièrement.

Que le ministère de l’éducation nationale fournisse des outils pertinents aux enseignants, qu’il leur propose de les utiliser dans leur progression pédagogique, qu’ils soient un renforcement des approches quotidiennes, ne peuvent être qu’une aide positive.

Mais, ce qui est présenté à cette rentrée ne semble pas aller totalement dans ce sens.

Les documents qui ont fuité ce week-end sur le site de l’académie de Grenoble et dont Stéphanie De Vanssay a fait l’analyse sur son compte tweeter (https://twitter.com/i/moments/904706527663095810) , ne révèlent pas un haut niveau de construction. Etonnant lorsqu’on sait l’attachement du ministre à la démarche scientifique et à ses résultats. Les outils sont plutôt décevants, peu pertinents donc peu utiles.

Le fait qu’ils aient été conçus sans concertation, sans s’appuyer sur ce qui existe déjà et qu’ils s’imposent, semble remettre en cause les compétences et la professionnalité des enseignants, ce qui est peu compatible avec la notion d’école de la confiance.

Enfin, reste à savoir à quoi sont censés servir ces évaluations.

Le message officiel affirme qu’elles sont destinées à aider les enseignants à situer leurs nouveaux élèves afin d’adapter leur action pédagogique et favoriser la réussite de tous. Il faudra dans ce cas être attentif à l’information des parents, ainsi que l’usage qui pourrait être fait des résultats. Très vite en effet, cela pourrait revenir à « classer » les enfants, voire les écoles et établissements et finalement évaluer les enseignants autant ou davantage que les élèves. Un autre risque serait de mettre ainsi en place des outils de repérage préalables à une orientation précoce. Une autre encore est de prouver et de manière peu scientifique la réponse risque d’être dans la question, la pertinence des réformes engagées…

L’UNSA éducation sera très attentive à la mise en œuvre, au suivi de ces évaluations et à l’usage qui seront fait de leur résultat. Et dénoncera toute dérive.

 




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