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Et si le grand remplacement au FN, c’était maintenant ?

Article publié le vendredi 12 juin 2015
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Et si, au-delà de la querelle familiale entre les Le Pen père et fille largement médiatisée,  ce n’était pas seulement le fondateur du mouvement d’extrême droite qui était poussé vers la sortie dans ce qu’il convient d’analyser comme une stratégie politique ?

Alors qu’il les tenait depuis des dizaines d’années sans sembler gêner ses amis et ses proches, les propos antisémites, condamnables et inacceptables de Jean-Marie Le PEN de l’an passé lui ont valu l’exclusion du parti qu’il a créé voici plus de quarante ans.

Qu’est-ce qui justifie une telle radicalisation ?

Trois raisons majeures, que l’on découvre au fur et à mesure du reportage proposé par France 2 dans le cadre de l’émission  Envoyé spécial diffusé ce 11 juin 2016.

La première, et la plus évidente, est, bien entendu, liée à la volonté de dédiabolisation du FN menée par sa présidente et qui ne peut souffrir de voir ses efforts de respectabilisation de son parti mise à mal chaque fois que son père s’exprime publiquement. L’âge de ce dernier, la situation politique actuelle –entre une gauche gouvernementale affaiblie et une droite d’opposition qui se cherche- ainsi que le calendrier électoral (peu d’impact sur les régionale toute proche, mais encore deux ans avant les présidentielles) ouvrent une « fenêtre de tir » que la présidente du FN et son entourage n’ont pas hésité à saisir. D’ailleurs cela leur profite plutôt et si cela conduit au départ de quelques figures historiques et radicales du mouvement, ce n’est qu’un avantage supplémentaire pour eux.

Car là est la seconde raison, faire le ménage de tous ceux qui peuvent gêner l’ambition présidentielle du parti d’extrême droite. Ainsi, derrière la mise à l’écart du vieux chef, c’est un renouvellement important des cadres du FN qui est en cours. C’est déjà le cas pour un tiers des délégués départementaux (selon le reportage de France 2), remplacé par des proches de l’équipe dirigeante nationale. Des nouveaux cadres, dont on devine qu’ils sont acquis à la nouvelle stratégie du parti d’extrême droite, sauront –dans une large mesure- éviter les provocations polémistes et joueront à fond la carte du populisme comme le font la plupart des élus FN des dernières élections municipales. Des responsables qui porteront également la nouvelle ligne politique.

En effet, et c’est la troisième raison du fonctionnement en cours, le FN se construit une nouvelle plateforme politique. Un projet de gouvernement. A l’opposé de Jean-Marie Le Pen qui se voulait « le poil à gratter » de la vie politique, entretenant conjointement antisémitisme et patriotisme, préférence nationale sociale et libéralisme économique…et qui ne cherchait pas à prendre le pouvoir, sa fille construit un projet antimusulman et anti-européen, des perspectives économiques peu claires et surtout peu réalisables, des alliances possibles avec la droite dite « républicaine », le tout devant la conduire à la fonction suprême. Exit donc ce qui pourrait rappeler des périodes sombres de la collaboration ou des guerres de décolonisation, exit même la notion de droite extrême –si d’autres n’étaient pas là pour la rappeler. 

Est-ce pour autant que ce renouvellement de l’encadrement du FN mettra fin à sa politique de haine, de racisme, de discrimination. Officiellement tel est le but. En fait, tout cela ne sert qu’à la masquer ou du moins d’orienter ailleurs les regards.

Raison de plus pour maintenir notre vigilance, car à défaut, nous serions tel le fou qui ne voit que le doigt lorsque le sage montre la lune. 




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