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Dubet dubitatif ou démobilisateur ?

Article publié le samedi 21 juin 2014
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François Dubet était l’invité du grand entretien de Rue 89, vendredi 14 juin (http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/18/francois-dubet-recruter-les-profs-a-bac5-cest-erreur-252636).

L’occasion pour lui de revenir sur les réformes du système scolaire et de dire son scepticisme.

Et tout y passe : « L’affaire des rythmes scolaires a flingué le projet. Même si ce changement finit par se mettre en place, il aura épuisé la capacité de réforme du quinquennat » ; sur le « socle commun de connaissances », « le rapprochement collège-école élémentaire, on s’oriente vers des mesures d’une extrême timidité : on parle de quelques dispositifs qui pourraient être mis en place entre l’école et le collège » ; concernant le recrutement des enseignants « on a commis une erreur. On est passé de l’idée, juste, qu’il faut que les enseignants aient un niveau bac+5 à l’idée, fausse, qu’il faut donc les recruter à bac+5. Ce sont deux choses qu’on a eu le tort de confondre », enfin sur la création des ESPé, « il y a de grandes chances pour qu’il ne s’agisse que d’un retour aux IUFM ».

Bien entendu le sociologue spécialiste et militant de l’Education n’a pas totalement tord –et pas seulement lorsqu’il accuse le SNES de blocage !- dans certaines de ses analyses et de ses craintes. Les récentes propositions du Conseil supérieur des programmes sur le socle commun montrent bien comment les résistances au changement sont à l’œuvre.


Mieux recruter et mieux former les futurs enseignants, « décrocher le collège du lycée et de le rapprocher de l’école élémentaire » sont des idées fortes qui irriguent la loi de refondation de l’École, mais peine effectivement à trouver leur concrétisation.


Pour autant François Dubet le reconnait, « notre système ne coule pas complètement, parce qu’il y a des armées de profs généreux, ouverts, travaillant comme des brutes... Heureusement ! Mais cela ne fonctionne que grâce à la vertu de ces individus. Le système, lui-même, n’est pas vertueux. »


Demeure alors une question de fond. Face à tous ceux qui veulent que cela change et qui, là où ils sont, ont souvent commencé à faire bouger les lignes, ne faudrait-il pas davantage d’encouragement que de propos dubitatif, laissant penser qu’aucune évolution n’est possible ? Une analyse trop lucide et pessimiste n'est-elle pas démobilisatrice pour toutes les bonnes volontés ? L'urgence n'est-elle pas à la mise en lumière de ce qui marche, qui change, qui transforme peu à peu le système, même si cela ne ce fait qu'à petits pas ?

Mais là n’est peut-être pas le travail de l’observateur qu’est le sociologue.




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