IVAC et IVAL : le public accompagne, le privé tri !
Dans les données publiées, 23% des collèges et 33% des lycées généraux et technologiques sont privés sous contrat. Dans la suite, on pourra comparer ces proportions générales à des résultats particuliers par type d’indicateurs. Si le « classement » d’un établissement précis n’a que peu de pertinence et doit être regarder avec beaucoup de précautions, un regard macroscopique peut être instructif, pour qui s’intéresse au système éducatif.
Le secteur public rassemble les meilleures valeurs ajoutées
Les Indicateurs de Valeur Ajoutée sont construits par la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) pour les Collèges (IVAC) et pour les Lycées (IVAL). Ils sont conçus pour mettre en évidence les écarts entre des résultats prévisibles et les résultats constatés (en fonction du public accueilli, des résultats aux évaluations ou aux examens à l’entrée dans l’établissement).
Si on classe l’ensemble des collèges et des lycées (publics et privés) en fonction de leur valeur ajoutée concernant l’obtention du diplôme national du brevet ou du baccalauréat :
- Parmi les 100 premiers collèges : 9% sont privés sous contrat, 91% sont publics.
- Parmi les 100 premiers lycées généraux : 23% sont privés sous contrat, 77% sont publics.
On peut voir à travers ce constat, largement favorable au secteur public, l’engagement d’équipes qui font progresser et réussir des élèves, souvent issus de milieux populaires, luttant ainsi contre les déterminismes sociaux.
Si on ajoute la sélection faite par les établissements privés à l’entrée, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser de leur part … D’ailleurs, les travaux de l’économiste Julien Grenet montrent qu’une fois prise en compte l’origine sociale, la « valeur ajoutée » du privé en matière de réussite aux examens est très faible ou inexistante par rapport au public.
L’accompagnement : le grand fossé
Si on classe l’ensemble des collèges et lycées (publics et privés) par leur incapacité à accompagner les élèves de la 6ème à la 3ème, ou de la seconde au baccalauréat (ceux qui « perdent » le plus d’élèves en cours de route), les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Parmi les 100 collèges gardent le moins leur élèves : 85 % sont privés sous contrat, 15% sont publics.
- Parmi les 100 lycées généraux qui gardent le moins leurs élèves : 59% sont privés sous contrat, 41% sont publics.
A l’inverse, si on regarde les collèges qui accompagnent le mieux leurs élèves de l’entrée en 6ème jusqu’à l’examen du brevet des collèges :
- Parmi les 100 de ceux gardent le plus leurs élèves : 8 privés, 92 publics !
De quoi ces chiffres sont-ils le signe ?
La stratégie de l’éjection
Alors que le secteur public gère 77 % des collèges, c’est le secteur privé sous contrat qui domine outrageusement le classement de l’éviction alors qu’il représente 23% des établissements. Le constat est sans appel : pour maintenir des statistiques d’excellence, une partie importante de l’enseignement privé éjecte les élèves jugés « encombrants » entre la 6ème et la 3ème. Et au lycée c’est la même chose, pour maintenir des taux de réussite et des taux de mentions vendeurs, certains lycées privés sous contrat se débarrassent des moins bons élèves…
Résultat ? Un élève en difficulté dans le privé est trop souvent invité à trouver sa place ailleurs… c’est-à-dire dans le public.
Parce qu’elle n’a pas le luxe du tri et qu’elle en fait sa fierté, l’école publique laïque est la seule à accueillir toute notre jeunesse, sans distinction ni discrimination.
Qu’il s’agisse de notes insuffisantes, de troubles du comportement, de situations de handicap ou de besoins éducatifs particuliers (EBEP), le privé trie, sélectionne et exclut pour ne garder que les profils les plus « rentables » scolairement.
Pour conclure sur un exemple frappant : en 2025, sur les collèges proposant une SEGPA, seulement 6% sont privés sous contrat !
Pour l’UNSA Éducation, des dispositions légales sont nécessaires pour réguler l’implantation et l’organisation des établissements d’enseignement privé. La situation actuelle les conduit à ne pas participer à l’effort de mixité scolaire et introduit une concurrence avec les écoles et les établissements publics. Pour l’UNSA Education, l’école publique est la seule qui garantisse la liberté de conscience de chaque élève. Nous revendiquons que tout financement public soit réservé au seul enseignement public.
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La concurrence déloyale du privé confirmée par l’enquête du CNAL

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