Analyses et décryptages

Reprise d’études : une inégalité sociale et éducative qui mérite réponse

Une récente étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) consacrée à la reprise d’études des jeunes dans les 6 ans après leur entrée dans la vie active souligne l’inégalité sociale des candidats face à cette possibilité d’acquérir un diplôme ou un nouveau diplôme. Démarche visant le plus souvent à se réorienter ou être mieux armé sur le marché du travail.

Or, pour le Céreq, le titre professionnel est « une seconde chance plus accessible à tous » que l’acquisition d’un diplôme post-formation initiale. Et le Céreq de souligner « la nécessité de mettre en place des soutiens financiers » pour réduire ces inégalités liées à l’origine sociale. Cette aide financière à la reprise d’études, pour être efficiente, doit « [tenir] compte des profils et des situations variés des demandeurs, et des logiques de leur reprise d’études », conclut le centre de recherche.

Cinq logiques de parcours

Le Céreq fonde ce constat sur une étude approfondie traitant de la génération des jeunes sortis de formation initiale en 2017. Il y a catégorisé cinq logiques de reprise d’études. D’abord la réorientation avec l’objectif d’une progression de niveau, qui concerne plus d’un tiers des jeunes concernés. Pour 2/3 de ces personnes, le diplôme de fin de formation initiale n’a pas été obtenu, ce qui tend à expliquer leur souhaiter d’acquérir un diplôme supérieur au niveau atteint en fin d’études initiales.

Une seconde catégorie de personnes (1/4 du total) aspire à une réorientation sans hausse de niveau, le diplôme de formation initiale ayant été obtenu pour la grande majorité d’entre elles.

Pour une 3e partie du panel (17%), il s’agit avant tout de finaliser la formation initiale puisque le diplôme de formation initiale n’a pas été obtenu.

Pour les deux dernières catégories de jeunes, qui ont, eux, un diplôme de fin de formation initiale, l’objectif n’est pas de se réorienter mais de trouver un emploi, d’améliorer les conditions d’emploi ou de changer de métier au sein de l‘entreprise.

Des inégalités qui persistent

Malgré ces différentes situations, la note du Céreq pointe une constante : « A caractéristiques égales par ailleurs, les jeunes issus de milieux favorisés ont plus de chances d’obtenir un nouveau diplôme dans leurs six premières années de vie active que ceux issus d’un ménage à dominante employée, et davantage encore que les jeunes issus des milieux les moins favorisés ». Pour le centre de recherches, plusieurs facteurs jouent en leur défaveur : « auto-censure, moindre soutien de la famille, réticence liée à de mauvaises expériences scolaires etc. » En clair, les inégalités de la voie initiale persistent dans le cadre de la formation continue pour les jeunes moins favorisés socialement.

Le Céreq s’est également attardé sur les titres professionnels, notant que les jeunes les plus enclins à obtenir de tels titres sont souvent des sortants du secondaire ou du supérieur sans diplôme. Mais « l’origine sociale ne semble pas avoir d’influence à profil égal par ailleurs », souligne le Céreq, qui estime, là aussi, que le parcours scolaire initial est ce qui détermine le plus la probabilité d’obtenir un titre professionnel au cours des six premières années de vie active.

Pour l’UNSA Éducation, il est une nécessité d’assurer à chaque jeune la possibilité d’étudier et d’atteindre un niveau de qualification conforme à ses souhaits tout au long de la vie et d’éradiquer sur ce sujet l’idée d’un quelconque déterminisme social. Il s’agit même d’une exigence incontournable ; la proposition d’aides financière et humaine pour y contribuer apparaît alors comme étant de bon sens. Concernant la participation des jeunes à la vie sociale et économique de notre pays, rappelons que l’accès à l’emploi des jeunes n’ayant aucun diplôme est d’au moins vingt points inférieur à celui des jeunes diplômés selon l’Observatoire de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep). Pour l’Insee, le taux de chômage des jeunes avoisine les 30 % pour ceux qui n’ont aucun diplôme, contre 17 % pour les bacheliers.

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