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L’UNSA Éducation dénonce les conditions intenables du dialogue social

L'UNSA Éducation a dénoncé, lors de sa déclaration liminaire au dernier CSAMEN du 04 juin 2026, les conditions intenables du dialogue social au sein du Ministère. En effet, les années de présidence Macron ont abîmé la relation de confiance indispensable qui doit se nouer entre les représentants des personnels et les décideurs. Rien dans le simulacre de dialogue proposé ne nous aura permis d’entrevoir la moindre possibilité de corriger une politique destructrice de notre service public d’éducation. L'UNSA Éducation ne perd pas pour autant sa détermination pour défendre sans relâche notre École de la République, nos métiers et l'avenir de nos élèves !

Notre propos liminaire sera bref et essentiellement centré sur le dialogue social. Non parce que nous n’avons plus rien à partager, dénoncer, exiger pour l’École, ses personnels et ses élèves. C’est précisément le contraire… en effet, les années de présidence Macron ont abîmé la relation de confiance indispensable qui doit se nouer entre les représentants des personnels et les décideurs. Rien dans le simulacre de dialogue proposé ne nous aura permis d’entrevoir la moindre possibilité de corriger une politique destructrice de notre service public d’éducation.

Les métiers de l’éducation se trouvent plongés dans un véritable état d’urgence et ce, à tous les niveaux : salaires, recrutement, conditions de travail, formation continue… Nos élèves, en particulier les plus fragiles, sont les premières victimes des difficultés scolaires et d’un creusement des inégalités, faute d’investissement volontariste dans une politique de justice sociale et de cohésion.

Alors nous ne prendrons aucun détour pour nous exprimer ici, dans une des instances où les décisions sont censées être discutées, débattues et parfois acceptées par les porte-voix légitimes des professions que nous représentons. Malgré la pratique d’un dialogue ministériel qui contourne les instances sous les nombreux ministres prédécesseurs d’Edouard Geffray, où les annonces en tout genre sur l’École fusaient chaque semaine dans les médias sans aucune concertation préalable, malgré des annonces « coup de com’ » focalisant les regards sur un sujet micro ne s’intéressant jamais au moyen et long terme et surtout aux sujets de fond sources des plus grandes difficultés qui pèsent sur notre quotidien de professionnels et celui de nos élèves. Malgré tout cela, nous avons pris nos responsabilités et laisser le temps à Edouard Geffray de faire preuve de ses intentions après sa prise de fonction.

Non par naïveté, bien sûr, nous n’avons malheureusement pas quitté l’ère où c’est plus à l’Élysée que l’on décide pour l’École qu’ailleurs, mais par responsabilité de toujours être au rendez-vous qui pourrait redonner un peu de sérénité à nos collègues, faute de perspectives d’amélioration immédiate.

D’ailleurs, le ministre nous a très rapidement signifié et dans cette instance même ne pas être le ministre des annonces éclairs, déconnectées de leur globalité, car porteur d’une politique éducative du long terme et défenseur d’une entrée par les enjeux et non par les interventions isolées.

Toujours Edouard Geffray nous a aussi, dès le début, assurés ne jamais faire de coup d’éclat médiatique car ne jouant pas son image, ne jamais annoncé de nouveautés ou autres modifications de l’existant sans concertation et a minima information préalable des représentants des personnels.

Au regard des dernières semaines écoulées, à quelques mois de clôturer l’année scolaire, où nous découvrons, en dehors de tout canal institutionnel, des mesures, y compris là pour le mois de juin, toutes déconnectées de comment ça se passe vraiment dans les écoles et établissements, nous ne pouvons que dénoncer, déplorer, le retour à une méthode sans dialogue, sans respect des personnels, sans même le souci de tenir compte de la réalité de l’École, une méthode déjà trop éprouvée et trop subie.

A la méthode, s’ajoute le retour à des choix des plus conservateurs pour une École du 21ème siècle déjà bien en peine de ne pas décrocher avec les exigences de la société de son temps.

Quel crédit accorder à l’agenda de discussions thématiques dans ce contexte ? Ce dernier nous a été annoncé comme une volonté de s’attaquer enfin aux vraies priorités et urgences, sur un travail prospectif, ancré sur une vision à long terme, et enfin sur une méthode basée sur les besoins du terrain et donc sur le dialogue avec les personnels. Ces dernières semaines ont témoigné tout le contraire sur le fond comme sur la forme.

Alors, Monsieur le ministre, l’UNSA Éducation vous demande de jouer carte sur table. Certes, vous avez peu de temps, vous avez peu de moyens puisque la politique Macron fait le choix sans aucun scoop de poursuivre une politique des plus libérales et des plus fracturantes, mais si vous avez décidez de vous asseoir sur vos engagements, sur vos idéaux partagés, alors un peu de sincérité, exprimez-le ! Un ministre de plus qui entre dans une logique du recul et de l’unilatéral, nous en sommes excédés, mais si habitués, que nous n’en perdrons pas pour autant notre détermination pour défendre sans relâche notre École de la république, les métiers de nos collègues et les avenirs de nos élèves !

Avant de terminer, nous isolons un sujet qui nous préoccupe grandement. Il s’agit du décret n° 2021-997 du 28 juillet 2021 relatif au temps partiel pour raison thérapeutique dans la fonction publique de l’État a été une avancée majeure pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale.

En effet, les agents de nos ministères peuvent depuis 2021 prétendre à plusieurs mi-temps thérapeutiques d’un an dans leur carrière. Cette possibilité est utilisée par les agents ayant des pathologies évolutives mais aussi par des collègues après une affection lourde

Le changement qui s’annonce nous inquiète à plusieurs titres :

– délais d’attente de 30 jours entre le dépôt de la demande de TPT et la réponse de l’administration

– perte de la souplesse existante du dispositif

– interrogation sur la finalité réelle de ce changement annoncé comme sur le constat qui amène à ce changement

– augmentation probable du nombre de demande de congé longue maladie (CLM)

A l’UNSA Éducation, nous regrettons que pour des logiques comptables, la santé et le bien-être au travail des personnels ne soient pas la priorité. Mais finalement encore une triste illustration des intentions et de la méthode gouvernementales précitées dans notre propos liminaire…

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