Le Réseau français des villes éducatrices prend un nouveau départ

Après les élections municipales et en amont des prochaines élections présidentielles, le Réseau Français des Villes Éducatrices (RFVE) se rassemble ce 3 juin 2026 à l’Hôtel de Ville de Paris pour son Assemblée générale annuelle. L'institution tourne une page clé de son histoire avec l'élection de son nouveau Conseil d'administration. Cette journée réaffirme également la mission historique du RFVE : fédérer les territoires pour bâtir des politiques éducatives locales, inclusives et ambitieuses, au plus près des réalités de terrain. L'UNSA Éducation partenaire historique du réseau est à ses côtés.
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L’histoire du Réseau Français des Villes Éducatrices (RFVE) est intimement liée à une prise de conscience globale : l’éducation d’un citoyen ne s’arrête pas aux portes de l’école. Né dans la dynamique du mouvement international initié à Barcelone en 1990 (qui a donné naissance à la Charte des Villes Éducatrices), le réseau français s’est structuré pour adapter ces principes aux spécificités de nos politiques territoriales. Depuis sa création, le RFVE s’est donné pour mission de fédérer les collectivités qui font le choix politique de placer l’éducation au centre de leur projet de développement local. Il agit comme un laboratoire d’idées et un espace de mutualisation, permettant aux communes et intercommunalités de partager leurs innovations et de construire des dynamiques de co-éducation. Son rôle fondamental est d’animer le dialogue entre les collectivités, l’État, les parents et le tissu associatif, afin de garantir la continuité éducative, de lutter contre les inégalités et de penser la ville à hauteur d’enfant.

Le débat actuel sur l’avenir des politiques éducatives locales s’inscrit dans un contexte national de forte incertitude, marqué par la perspective de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France. Pour les collectivités territoriales, et plus particulièrement pour les membres du Réseau Français des Villes Éducatrices, une telle alternance politique fait peser un risque de rupture majeure avec les principes fondamentaux de la co-éducation et de l’inclusion. Historiquement, l’accès universel à la culture, la mixité sociale dans la sectorisation scolaire et le soutien au tissu associatif local constituent les piliers des projets éducatifs de territoire. Or, une gouvernance d’extrême droite nationale pourrait se traduire par une recentralisation autoritaire des programmes, un contrôle idéologique accru sur les interventions périscolaires et une fragilisation des budgets alloués aux dispositifs de solidarité ou d’éducation prioritaire. Face à cette menace de fragmentation sociale et de repli identitaire, le maintien d’une action publique locale forte, protectrice et attachée aux valeurs républicaines de l’émancipation par l’école devient un enjeu démocratique crucial pour les territoires. 

Dans ce contexte, le Conseil d’administration de RFVE nouvellement installé, a auditionné les organisations et associations partenaires : l’Andev (Association nationale des directeurs et cadres de l’éducation des villes et collectivités territoriales), la Ligue de l’enseignement, le mouvement associatif, les Francas, la JPA (Jeunesse en plein air), la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques et l’UNSA Education.

Chacun a pu mettre en avant les points qu’il souhaitait : nécessité d’une plus grande mixité sociale, développement de la co-éducation, complémentarité des acteurs, interculturalité et ouverture à l’autre, maillage territorial et baisse démographique, éducation à la démocratie, éducation à la transition écologique, santé mentale de la jeunesse, place et influence du numérique, importances des séjours collectifs. Autant de sujets qui nous regroupent autour d’un projet humaniste opposé à celui des réactionnaires de tous bords. Un travail d’alliance et une coopération nécessaires habituellement, mais rendus indispensables par la montée des idées d’extrême droite en France.

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