Violence(s) : les agents publics confrontés à un phénomène de société
Si les études tendent à montrer que nous vivons, en France, dans une époque moins violente que les précédentes, paradoxalement, nous avons un sentiment inverse : parce que heureusement nous ne tolérons plus la violence, que celle-ci est hyper-médiatisée et renforcée par des événements rares mais extrêmes, dont les auteurs peuvent aussi être de plus en plus jeunes.
Trop souvent, face à l’actualité d’actes violents, les décideurs prennent des mesures d’urgence, partielles qui s’avèrent souvent d’autant plus inadaptées qu’elles n’ont pas été construites avec les professionnels concernés.
C’est pourquoi les fédérations UNSA Éducation, UNSA Justice, UNSA Police et UNSA Santé sociaux ont pris l’initiative d’un travail de réflexion sur ce phénomène de société qu’est la violence et la manière dont elle exerce un impact sur les personnels que ces fédérations représentent. En effet, personnels éducatifs, soignants, policiers, personnels de justice et du champ social font face chaque jour à ces tensions. Ils en sont les premiers témoins, souvent les premiers exposés. Mais leur particularité est aussi d’être, en même temps, une « partie de la solution » : ils régulent, apaisent, maintiennent le cadre collectif.
Après avoir écrit, il y a quelques temps déjà au premier ministre pour lui demander d’ouvrir un chantier interministériel sur cette question, les quatre fédérations ont souhaité nourrir leur réflexion militante lors d’un colloque, organisé le 28 mai dernier.
Au cours de deux tables-rondes, Émilie Agnoux (Haute fonctionnaire territoriale et directrice de l’observatoire de l’action publique de la Fondation Jean Jaurès), Yseline Fourtic Dutarde (avocate et pote parole de la Fondation des Femmes), Sylvie Mantion (directrice d’un établissement médico-social et adjointe au maire de Villejuif), Fabien Truong (sociologue) ont apporté des éclairages et des analyses complémentaires à ceux des secrétaires généraux Thierry Clair (UNSA Police), Yann Le Baron (UNSA Santé et Sociaux, public et privé), Jean‑François Forget (UNSA Justice) et Morgane Verviers (UNSA Éducation).
De nombreux constats et témoignages ont été partagés, mais aussi plusieurs pistes de solutions ont été proposées. Elles feront l’objet de la suite de ce travail inter-fédéral au sein de l’UNSA et viendront nourrir nos préconisations dans le cadre des campagnes électorales présidentielles et législatives à venir.

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