Un plan ministériel sur les vagues de chaleur déjà insuffisant!
L’UNSA Éducation se félicite tout d’abord des avancées contenues dans cette nouvelle version du plan. Plusieurs observations formulées par notre fédération ont été prises en compte. La première version du document reconnaissait certes l’existence du risque chaleur, mais elle ressemblait davantage à une déclaration d’intention qu’à un véritable plan de prévention. Les réponses concrètes aux difficultés rencontrées sur le terrain étaient alors particulièrement limitées. Au-delà des conseils de bon sens, cette nouvelle mouture du plan propose maintenant une méthodologie et des mesures à mettre en œuvre.
Une fiche bâti scolaire qui marque une évolution
La création d’une fiche spécifiquement consacrée au bâti scolaire qui outille le plan constitue une avancée attendue. La mise en place d’une part, d’un diagnostic national des situations de vulnérabilité, l’association des collectivités territoriales d’autre part, et la volonté affichée d’identifier les établissements les plus exposés répondent aux demandes de l’UNSA Éducation de voir appliquer une démarche méthodologique d’analyse du risque professionnel, pour transformer le plan en outil efficient.
Toutefois, cette démarche reste principalement centrée sur l’identification des difficultés. Le plan ne fixe ni calendrier national de mise en conformité du bâti scolaire, ni objectifs chiffrés, ni priorisation nationale des situations les plus critiques. Or les personnels n’attendent pas seulement des diagnostics supplémentaires : ils attendent des travaux, des financements et des améliorations concrètes.
Des outils pour constater, peu de réponses pour agir : les insuffisances du plan
Le plan est certes plus structuré et plus complet que la première version. Il détaille les modalités de recensement, de cartographie et d’évaluation des situations à risque. Il fournit ainsi aux académies, aux départements et aux établissements des outils permettant de mieux objectiver les difficultés rencontrées lors des épisodes de forte chaleur.
En conséquence, les chefs d’établissement, directeurs d’école et chefs de service restent largement en première ligne pour apprécier le niveau de risque et décider des mesures à mettre en œuvre. Cette logique transparaît tout au long du document à travers des formulations telles que « lorsque cela est possible », « dans la mesure du possible » ou encore « selon les situations locales ».
La question essentielle est donc celle des suites données à ces constats. Le ministère reconnaît lui-même qu’il n’existe aujourd’hui ni référentiel national d’évaluation du confort thermique des bâtiments scolaires, ni seuil national définissant des conditions d’accueil acceptables pour les élèves et les personnels. C’est pourquoi nous demandons une prévention renforcée en rendant obligatoire, dès 28°C l’octroi d’équipements individuels rafraîchissants (dispositifs de refroidissement, etc.) ainsi que la modification de l’organisation du travail avec une interdiction de toute activité au-delà de 35°C.
Cette absence de cadre national présente certes l’avantage de permettre une adaptation aux réalités du terrain. Mais elle transfère également la responsabilité des décisions vers les acteurs locaux et conduit à traiter chaque situation comme un cas particulier. De fait, elle limite le recours à des mesures fortes telles que les fermetures d’établissements et favorise le maintien de l’activité, y compris dans des conditions parfois fortement dégradées.
Transformer le diagnostic en action
Pour l’UNSA Éducation, le véritable enjeu n’est plus d’identifier les problèmes mais d’apporter des réponses lorsqu’ils sont connus.
Les personnels n’ont pas besoin que l’on confirme que certains locaux deviennent difficilement supportables lors des épisodes de chaleur. Ils en font quotidiennement l’expérience. Ce qui manque désormais, ce sont des priorités clairement définies, des échéances, des moyens financiers identifiés et des mesures de protection immédiatement mobilisables lorsque les conditions de travail deviennent incompatibles avec la préservation de la santé.
Le plan constitue donc une étape utile. Mais son efficacité se mesurera moins à la qualité des diagnostics réalisés qu’à la capacité du ministère et des collectivités à transformer ces constats en réalisations concrètes. À défaut, le risque est de voir perdurer une gestion essentiellement locale des épisodes de chaleur, où la responsabilité de l’adaptation des conditions de travail et d’accueil repose en grande partie sur les établissements et les services.
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