L’extrême droite élue dans un Land allemand
La poussée nationaliste contamine l’Europe
Ce résultat en Saxe-Anhalt en dit long sur la puissance de la vague nationaliste et populiste qui traverse aujourd’hui notre continent. Cela nous inquiète et nous alerte. C’est d’autant plus préoccupant que l’incertitude demeure entière sur la gouvernance du Land, puisque sans majorité absolue, l’AfD doit trouver des alliés pour gouverner. Il lui manque trois voix pour obtenir la majorité. Le jeune parti BSW, issu d’une scission de « die Linke », pourrait jouer les faiseurs de roi.
La France n’est pas à l’abri
Dans une Europe marquée par les tensions sociales et la défiance démocratique, la France aurait tort de se croire à l’abri. Le RN aura beau rappeler qu’il a rompu avec l’AfD en 2024, ses réactions invitent à relativiser la portée de cette rupture. Jean-Philippe Tanguy dit ainsi « prendre acte » d’un vote de « ras-le-bol » face à des partis qui ne géreraient ni l’immigration, ni l’économie, ni les prix de l’énergie. La condamnation est pour le moins mesurée. Le 5 septembre, Jordan Bardella reconnaissait lui-même que « la pression électorale exercée par l’AfD » avait contribué à « faire bouger les lignes » du gouvernement allemand sur le contrôle des frontières. La rupture de 2024 a officiellement éloigné les deux organisations, mais elle n’a certainement pas fait disparaître leur matrice idéologique commune.
Un programme éducatif qui bafoue toutes nos valeurs
L’École est d’ailleurs au cœur de ce programme. L’AfD porte un projet éducatif profondément réactionnaire. Outre l’exaltation de l’identité nationale, la remise en cause des enseignements sur le genre et la diversité, une vision conservatrice de la famille et la volonté de réorienter l’enseignement de l’histoire, le parti d’extrême promet de revenir sur l’inclusion. Il veut réduire la scolarisation obligatoire et créer des classes spéciales enfants migrants. Derrière les différences nationales, ces ressorts nous semblent bien familiers. On les retrouve systématiquement dans le projet éducatif du RN.
Pour l’UNSA Éducation, notre pays ne doit pas être sourd à ce signal. Il doit méditer ces résultats et tirer les leçons de ce scrutin.
