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Conférence nationale du handicap : l’inclusion ne peut plus être une politique à moyens constants

À l’issue de la Conférence nationale du handicap qui s'est réunie le 4 septembre à Bobigny, l’UNSA Éducation, le rappelle avec force : l’école inclusive ne peut plus se satisfaire de déclarations d’intention. Elle a besoin de moyens, de personnels formés et d’une véritable coopération avec le secteur médico-social. Rendre l'école accessible est tout aussi difficile que d'assurer son caractère inclusif. Le nouveau cap annoncé lors de cette conférence ne peut se faire sans penser ses conséquences budgétaires et humaines.

Compter les élèves accueillis ne suffit pas à mesurer la réussite de l’inclusion. La question est désormais celle de la qualité de leur scolarisation, de leurs apprentissages, de leur accompagnement et de leur parcours. Depuis dix ans, l’UNSA Éducation alerte sur le même constat. Les personnels veulent faire vivre le principe d’inclusion, par conviction humaniste et professionnelle. Mais ils ne peuvent accepter qu’il repose sur leur seul engagement. Une inclusion sans moyens peut devenir une maltraitance pour les élèves, leurs familles comme pour les personnels.

Les réalités de terrain sont connues : manque d’AESH, notifications insuffisamment couvertes, classes chargées, absence de professionnels spécialisés et délais d’attente dans le médico-social. En 2024 déjà, l’UNSA Éducation dénonçait le retard de mise en œuvre des engagements de la CNH de 2023.

Les Pôles d’Appui à la Scolarisation ne doivent pas devenir un dispositif supplémentaire à moyens constants. Leur généralisation doit être précédée d’un véritable bilan de leur fonctionnement et de leur efficacité. Ils doivent disposer de personnels suffisamment nombreux et formés, avec des fonctions de coordination clairement identifiées, sans ponctionner les moyens déjà affectés aux écoles et aux établissements, ni faire disparaître d’autres dispositifs qui ont fait leurs preuves comme les RASED.

L’UNSA Éducation soutient les revendications de l’intersyndicale AESH pour un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, afin de reconnaître un métier devenu indispensable au fonctionnement de l’École et d’améliorer les conditions de vie et de travail des plus de 130 000 personnels qui l’exercent.

L’école inclusive doit permettre des réponses souples, diversifiées et adaptées, associant l’Éducation nationale, les professionnels de santé et le secteur médico-social. La baisse démographique doit être mise à profit pour alléger les effectifs, renforcer les équipes, développer les dispositifs adaptés et améliorer les conditions d’apprentissage et d’accompagnement.

L’UNSA Éducation attend donc de la CNH 2026 un engagement politique et budgétaire à la hauteur du droit à l’éducation pour toutes et tous.

Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA Education

A Ivry sur Seine, le 4 septembre 2026

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