L’École publique a besoin de sérénité et de moyens pour agir !
Le dénigrement de l’École publique
La rentrée 2026 ne fait pas exception, mais elle s’inscrit dans le contexte particulier de l’élection présidentielle. En effet, l’École publique fait l’objet des attentes et des propositions des candidats, mais aussi des critiques à peine voilées des un·es et des autres.
Pourtant, nous le savons bien, c’est l’engagement des personnels et leur conscience professionnelle qui font tenir le service public d’éducation. Ils ne peuvent être réduits à une cible électorale ou à une variable d’ajustement dans l’objectif obsessionnel de certains partis politiques de réduire la dépense publique.
Plutôt que de s’interroger sur les conditions dans lesquelles l’École accomplit ses missions, plutôt que de saluer les réussites que parviennent à obtenir les équipes sur le terrain, certain·es préfèrent instruire son procès. Les résultats de l’étude PISA sont ainsi régulièrement convoqués pour alimenter le récit d’une institution qui ne fonctionnerait plus. Ils doivent évidemment être regardés avec honnêteté et lucidité. Mais les difficultés qu’ils révèlent devraient d’abord conduire à interroger nos politiques éducatives, les inégalités sociales et les moyens consacrés à leur réduction.
Une École publique qui réussit malgré tout
Le CNAL avait eu l’occasion de le mettre en évidence lors de son colloque de novembre 2025 : à catégorie sociale équivalente, l’enseignement public fait au moins aussi bien que le privé. Pourtant, l’enquête réalisée par l’IFOP à cette occasion révélait que 70 % des parents ignoraient cette réalité. Un chiffre qui en dit long sur le décalage entre les faits et l’image trop souvent entretenue de l’École publique.
Au coeur de l’instrumentalisation politique
À cette mise en accusation s’ajoutent désormais des tentatives de récupération politique. La volonté d’Éric Ciotti d’imposer dans les écoles niçoises une levée hebdomadaire des couleurs en est une triste illustration. L’UNSA Éducation est profondément attachée aux symboles de la République ; mais c’est précisément pour cette raison que notre fédération refuse qu’ils deviennent les instruments d’une mise en scène politique. L’École n’appartient à aucun courant politique. Elle est celle de la République.
La concurrence du privé
Enfin, les attaques contre l’École publique laïque ne font qu’accentuer sa mise en concurrence. C’est le cas de l’enseignement privé sous contrat qui bénéficie de financements publics considérables sans être soumis aux mêmes obligations en termes de contrôle, de mixité et de transparence. Quant au privé hors contrat, la liberté d’enseignement ne saurait tout justifier. En l’espèce, les tentatives visant à présenter ce secteur comme victime d’une défiance ou d’une discrimination systématique sont fallacieuses pour ne pas dire manipulatoires.
L’UNSA Éducation refuse cette entreprise d’affaiblissement de l’École publique qui consiste à mettre en exergue ses difficultés pour mieux présenter sa mise en concurrence comme une solution. Le choix de notre fédération pour l’École est un choix de société. Il convient d’investir massivement dans l’École publique. C’est la seule manière de soutenir ses personnels et de permettre à notre école d’accomplir partout sa promesse d’émancipation pour tous les élèves, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.
