Cyberattaques : Faire toute la lumière et préparer dès maintenant la suite
L’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes Informatiques (ANSSI) et la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) ont été saisies par le ministère. Les expertises se poursuivent, y compris sur d’éventuelles données d’élèves.
Tous les 3 jours, le ministère réunit les organisations syndicales représentatives pour faire un point de situation. Les représentants de l’UNSA Education et de ses syndicats y interviennent à chaque occasion pour faire la lumière sur les dommages subis, les mesures mises en œuvre, et exiger des mesures de protection pour les agents.
En effet, au-delà de ses conséquences immédiates, il est indispensable que le ministère soit transparent sur l’ampleur des cyberattaques qui ciblent les applications ministérielles, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle locale.
Une rentrée préparée dans l’urgence
Par précaution, l’accès à des applications métiers a été suspendu dans plusieurs académies (messageries, Arena, etc.) après l’attaque. Toulouse et Nantes ont été les académies les plus touchées, au moment même où se bouclaient emplois du temps, classes et affectations. Les services informatiques ont été rétablis partout à la fin du mois d’août, à part à Toulouse.
Les mesures annoncées
Un audit est mené avec l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes Informatiques, complété d’une « mission flash » ministérielle sur la sécurité informatique. La double authentification sera généralisée sur les quelque 400 applications nationales d’ici début 2027, et les procédures d’archivage et de suppression des données revues. Cette double authentification concernera les différentes catégories de personnels les unes après les autres, de manière progressive. Les personnels doivent être accompagnés pour cette étape de sécurisation.
Les gestes à adopter
Changez votre mot de passe académique, et tout compte externe où vous auriez réutilisé le même. Attendez-vous à des hameçonnages crédibles, citant votre discipline ou votre affectation : le ministère ne demande jamais vos identifiants ni vos coordonnées bancaires. Méfiez-vous enfin des offres payantes de suppression de données : la CNIL n’en est à l’origine d’aucune.
Sécurité informatique : et maintenant, on fait quoi ?
Pour l’UNSA Education et ses syndicats, cette crise et la gestion ministérielle soulèvent plusieurs questions : la transparence en premier lieu, car l’information donnée par le ministère pendant l’été a manqué de clarté. Pourtant, le sujet de la sécurité informatique et de la continuité du service public est essentiel à l’heure des crises multiformes et des guerres hybrides. Cet enjeu de résilience impose un budget à la hauteur des menaces. Les conditions de travail des personnels qui travaillent sur la sécurité informatique sont aussi un sujet important, tout comme le manque d’attractivité des métiers de l’informatique au sein du service public.
La gestion actuelle des données au sein de notre ministère doit être remise à plat. La centralisation excessive des données, la nécessité discutable de les conserver plusieurs dizaines d’années, la formation insuffisante des agents sur ces questions de sécurité informatique, sont des enjeux qui devront être travaillés sur le long terme. Cette crise a révélé la fragilité de nos environnements de travail, avec une numérisation croissante, et doit amener le ministère de l’éducation à travailler sur la gestion de crise et la protection des données des agents et des usagers. La mise en œuvre de la double authentification pour l’accès aux applications, d’ici janvier 2027, sera une étape essentielle de ce processus de sécurisation, mais ne peut pas être le seul.

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