Les résultats PISA 2025 imposent une chose : changer de méthode

Les résultats PISA 2025 présentés ce jour par l’OCDE sont alarmants. Ils stagnent en sciences, baissent en mathématiques et surtout en lecture avec un « déclin préoccupant » pour lequel l’OCDE pointe du doigt le rapport des élèves au numérique et aux écrans. Si plusieurs causes peuvent expliquer une baisse générale dont l’instabilité du monde et la déstabilisation des systèmes éducatifs, notamment par la pandémie Covid19, cette enquête témoigne de l’inefficacité des politiques gouvernementales dans la durée.

Le poids des inégalités sociales

Le premier enseignement qu’en tire l’UNSA Éducation, c’est que le poids de l’origine sociale continue à marquer les résultats scolaires, et particulièrement en France. L’écart entre les résultats des plus favorisés et ceux des moins favorisés est de 100 points. C’est l’un des plus importants de l’OCDE (85 points en moyenne).

Plus globalement, les résultats français sont encore plus en baisse que la diminution globale : entre 2022 et 2025, les résultats français ont chuté de 18 points en compréhension de l’écrit contre une baisse de 14 points pour la moyenne des pays de l’OCDE et de 16 points en culture mathématique contre 9 points pour la moyenne des pays de l’OCDE.

Des réformes inadaptées

Depuis 2017, l’École a connu une succession ininterrompue de réformes, menées notamment par Jean-Michel Blanquer, puis par Gabriel Attal souhaitant un « choc des savoirs ». Si souvent les résultats de PISA, leur ont servi de prétexte -évolutions des programmes, évaluations standardisées, réformes du lycée général et de la voie professionnelle, réforme du collège…- force est de constater que ces mesures, ont été peu efficaces, et que la pression mise sur le système éducatif et sur ses personnels, pour les mettre en œuvre tambour battant, totalement inutile. D’ailleurs, dans notre baromètre UNSA des métiers de l’éducation 2026, les 43 000 répondants dénoncent majoritairement des réformes inadaptées aux besoins du terrain.

Un changement de méthode s’impose

Pour l’UNSA Éducation, il faut que ça change pour notre École. La France n’a pas besoin d’effets d’annonce tournés vers l’opinion publique mais bien de changements pensés dans le temps long, construits avec les personnels et fondés sur la reconnaissance de leur expertise.

La baisse démographique qui va marquer notre pays dans les prochaines années constitue d’autant plus une occasion historique de transformer l’École. Elle doit permettre de réduire les effectifs par classe, de renforcer les équipes, de développer les métiers spécialisés, de faciliter la formation continue et de mieux accompagner les territoires qui concentrent les difficultés. La démographie ne doit pas être prétexte aux économies à court-terme, mais au contraire, un levier d’investissement.

A quelques mois des élections présidentielles, l’UNSA Education questionne également le financement par l’État de sa propre concurrence scolaire. L’École publique ne peut être sommée de faire toujours davantage avec des contraintes croissantes alors que l’enseignement privé ne prend pas en charge la difficulté scolaire, l’inclusion, la mixité sociale, à la même hauteur que l’enseignement public. L’égalité et l’équité de notre système éducatif doivent être une exigence commune à l’ensemble du système éducatif : ces éléments font partie intégrante des classements internationaux, et la France n’y brille pas.

Il faut changer de méthode !

Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA Education

A Ivry sur Seine, le 8 septembre 2026

Sélectionnés pour vous
+ d’actualités nationales