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La charge de travail enferme les personnels dans un dilemme pour déterminer les taches qu’ils doivent abandonner

La situation de pénurie généralisée dans tous les corps de métiers dégrade les conditions de travail des personnels dont la charge de travail se trouve, à tout le moins accrue.

La première réunion de la formation spécialisée est en même temps la dernière de cette année scolaire 2022-2023. Une seule réunion de cette formation en plus de 6 mois ne saurait se justifier et les éléments de contexte ne peuvent suffire à expliquer cette état de fait.

 

Il semble qu’il y ait, dans ce domaine comme dans d’autres, la volonté de réduire les espaces de dialogue social avec les représentant∙es des personnels. Ce recul, législativement et réglementairement orchestré, indique également un désengagement de l’employeur pour s’emparer des sujets relatifs à la santé des agent∙es dans un ministère où tant la prévention que la prise en charge accusent un retard voire des carences.

 

L’UNSA Éducation en profite pour relayer ici les alertes en provenance des territoires qui nous indiquent que, dans les instances locales, là où s’exercent en proximité les compétences des F3SCT, les dysfonctionnements se multiplient : transmission des documents, refus d’inscription de points à l’ordre du jour à l’instar du refus du ministère d’inscrire à l’ordre du jour de notre session l’impact de la mise en place du pacte sur les conditions de travail et la santé des agents.

 

Ce refus illustre une forme de double discours que l’UNSA Éducation dénonce :

 

  • D’une part, des ambitions annoncées en matière des conditions de travail, d’amélioration de la prévention en direction des agent∙es mais pour lesquelles les modalités de mise en œuvre ne sont pas précisées.

 

  • D’autre part, la réalité d’une ignorance volontaire et d’un refus de prendre en considération les alertes qui sont faites. Cela donne à l’UNSA Éducation l’occasion de formuler un avis au sujet de la mise en œuvre d’OP@le et RenoiRH.

 

Lorsque l’on se préoccupe des conditions de travail des personnels, que penser d’une circulaire de préparation de la rentrée qui parait le 06 juillet et vient s’échouer dans l’agenda compressé des derniers jours de l’année scolaire ? Se peut-il que l’employeur se préoccupe si peut des conditions de travail des agents qu’il lui adresse des consignes de préparation la veille des congés scolaires ?

 

Quoi qu’il en soit, d’autres voies sont possibles et elles sont même nécessaires. Si le ministère comme l’École ne peut pas tout, une revalorisation plus ambitieuse et plus juste des personnels, de tous les personnels de l’éducation nationale aurait sans doute permis de résoudre, au moins partiellement, les questions d’attractivité des métiers. La désaffection des métiers liés à la santé, au sein de notre ministère, aurait dû être prise en charge depuis longtemps. De surcroît, cette situation de pénurie généralisée dans tous les corps de métiers a des effets concrets sur la dégradation des conditions de travail des personnels dont la charge de travail se trouve, à tout le moins accrue, quand, trop souvent, elle ne les enferme pas dans des dilemmes pour déterminer les taches qu’ils doivent abandonner.  Ces éléments font partie des conditions de travail impactant la santé des personnels et auxquelles l’employeur ne peut soustraire sa responsabilité.

 

 

L’UNSA Éducation avait rappelé lors du dernier CHSCT MEN plusieurs enjeux majeurs.

 

Le bilan que l’on peut d’ores et déjà dresser de cette année écoulée est bien celui de l’insuffisance tant pour ce qui est de la mise en place d’un accompagnement médical que pour le recrutement d’équipes pluriprofessionnelles. Aucun élément n’indique une quelconque amélioration du respect de la réglementation en matière de visites médicales obligatoires tout au long du parcours, ni aucune amélioration des suivis particuliers en cas de problématique de santé.

De plus, en ce qui concerne les conditions et les dispositions particulières relatives à la retraite progressive pour aménager la fin de carrière et répondre ainsi à l’usure des personnels, les conditions de mise en œuvre, tant règlementaires que techniques, ne sont pas opérationnelles pour la prochaine rentrée alors que le report de l’âge légal de départ va générer des problématiques de santé d’un volume important qui devrait à terme devenir l’une des premières préoccupations au sein de notre ministère. Enfin, l’année se sera écoulée sans que des éléments réellement concrets attestent de la dévolution de moyens effectifs à la prévention primaire. Cela aura de fait rendu impossible le départ effectifs de stagiaires, en nombre suffisant, en formation sur le sujet des risques du métier et de l’appropriation des outils de la prévention.

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