Prévention des risques psychosociaux : l’UGT publie un guide adapté aux métiers de l’éducation
Le guide de l’UGT rassemble des outils d’identification pour reconnaître quand l’environnement de travail menace notre santé. Il contient aussi des revendications syndicales, des ressources et des protocoles d’auto-évaluation.
Retrouvez le guide de l’UGT services publics secteur enseignement ici https://ugt-sp.es/ugt-lanza-una-guia-de-bienestar-docente-y-exige-una-actualizacion-urgente-del-catalogo-de-enfermedades-profesionales/
Comment faire des écoles et des établissements scolaires des environnements de travail sûrs?
Le guide propose de faire face au stress et à l’anxiété de nos métiers :
– Un travail ambitieux sur la santé et la sécurité au travail notamment car il existe en Espagne une loi de prévention des risques au travail. L’UGT propose d’actualiser la liste des maladies professionnelles. L’UGT revendique la mise en oeuvre d’un protocole d’action : mise en place de formulaires écrits dans les écoles et les établissements pour les signalements, une reconnaissance médicale de la charge psychosociale des postes de travail des personnels éducatifs, ou encore reconnaissance d’arrêt de travail liés à ces risques comme des accidents du travail. Et donc sans perte de revenu pour les agents concernés.
– L’UGT demande qu’un travail soit mené pour définir ce qu’est un « environnement de travail sain » avec des mesures de prévention de la charge de travail bureaucratique, une réduction des effectifs en classe et de la violence scolaire. Le guide inscrit aussi la question de la déconnexion et de la prise en compte du changement climatique dans les leviers potentiels d’action.
Il décrit des signaux d’alerte spécifiques à nos métiers : fatigue chronique, mal à la tête, sentiment d’échec, anxiété en se rendant sur le lieu de travail, difficultés pour se concentrer, oublis fréquents. Il décrit aussi des symptomes : isolement en salle des profs, absentéisme…Un test rapide permet d’évaluer son exposition à ce type de risques.
– L’UGT veut adopter une approche genrée dans la prévention des risques au travail : dans un secteur majoritairement féminin, la prévention doit prendre en compte des aspects biologiques, ergonomiques et sociaux pour être efficace et juste.
Ce qui est intéressant, c’est que le guide est très précis pour décrire des pathologies liées directement aux métiers de l’éducation. Il revient par exemple sur la santé de la voix ou sur « l’usure émotionnelle ». Sur des mesures pour détecter la dégradation de la santé mentale des agents.
Le guide décrit les risques, mais se veut aussi un guide de revendications, en mettant en lien les effectifs par classe, la charge de travail et la bureaucratie avec les risques décrits et leur impact sur la santé des personnels.
Les personnels éducatifs ne sont pas seulement des travailleuses et des travailleurs intellectuels
Le guide décrit les métiers de l’éducation comme à « haute demande physique et émotionnelle » et met en avant:
– le risque de burn out : l’épuisement émotionnel dû au manque de ressources et à des exigences impossibles
– le dysfonctionnement de la voix, principal outil de travail, qui doit être reconnu comme une maladie professionnelle
Le guide revendique la prise en compte des nodules, polypes et de la fatigue vocale chronique comme des maladies professionnelles. Arrêter de former à l’utilisation de la voix et équiper les enseignants de dispositifs de sonorisation en classe. Réduire le nombre d’heures de cours pour les personnels qui souffrent de fatigue de la voix.
– l’hyperconnectivité nécessitée par nos métiers qui est invasive pour les temps de repos. Le guide revendique ainsi la mise en oeuvre d’un manuel de déconnexion numérique avec des limites horaires en dehors desquelles il est impossible d’accéder aux courriers électroniques, la mise en silence des groupes whats app, la désinstallation des courriers professionnels sur les téléphones personnels, la configuration de réponses automatiques hors horaires de travail et recommande des rituels de transition entre le temps de travail et le temps de repos.
– les troubles musculo-squelettiques aggravés par un mobilier inadéquat et l’absence de « pauses ergonomiques »
Le guide revendique l’évaluation des salles de classe comme lieu de travail pour étudier la lumière, la hauteur des panneaux, le mobilier, la qualité des chaises, et proposer des mobiliers qui permettent aux enseignants ou aux personnels de ne pas passer la journée debout car cela a des conséquences sur la santé (problèmes de circulation, colonne vertébrale..).
– l’anxiété et la dépression qui peuvent être causés par la gestion des conflits sans soutien administratif suffisant
Des propositions concrètes pour réduire l’exposition aux risques
Moins d’élèves par classe pour avoir le temps de mieux gérer leurs émotions. Un respect strict des temps de repos, notamment en matière de déconnexion. Une formation en école et en établissement sur les risques pour la santé au travail. La création d’espaces de collaboration et de management démocratique pour éviter l’isolement des personnels.
L’usure des corps étant cumulative, l’UGT propose de réduire le nombre d’heures d’enseignement à partir de 55 ans.

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