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Conseil Supérieur de l'Éducation : Frédéric Marchand interpelle le nouveau ministre sur la fragilité actuelle de notre système éducatif
Publié le 20 juin 2022
Un cycle électoral vient de s’achever, et de nombreux enseignements politiques, sociaux, démocratiques, voire constitutionnels pourront en être tirés. Pour rester sur le champ de l’éducation, nous avons voulu centrer cette déclaration, pour l’UNSA Éducation, sur la fragilité actuelle de notre système éducatif. Il faut absolument en prendre toute la mesure et réparer le lien avec les personnels et même avec l’ensemble de la communauté éducative.

Un message fort a été adressé au gouvernement et au président de la République. Des figures majeures de la majorité ont été battues dont des ministres. Par ailleurs le RN est au plus haut dans notre pays et l’abstention en particulier chez les jeunes est très forte. Pour l’UNSA Éducation, le besoin d’une société plus apaisée et la volonté d’écouter d’être de rassembler sont forts. En ce sens le rôle du dialogue social et la place des corps intermédiaires doivent être renforcées. Ces derniers doivent être des médiateurs sociaux.

Un cycle électoral vient de s’achever, et de nombreux enseignements politiques, sociaux, démocratiques, voire constitutionnels pourront en être tirés. Pour rester sur le champ de l’éducation, nous avons voulu centrer cette déclaration, pour l’UNSA Éducation, sur la fragilité actuelle de notre système éducatif. Il faut absolument en prendre toute la mesure et réparer le lien avec les personnels et même avec l’ensemble de la communauté éducative.

Dans notre ministère les enjeux autour de la jeunesse et de la citoyenneté doivent aussi être pris en compte. Cette fragilité du système a de multiples causes :

  • En premier lieu, un fonctionnement très vertical dans la mise en place des réformes, un rythme et des méthodes qui ne sont pas soutenables et un système mis en tension à tous les niveaux. La confiance brandie dans le titre de la loi de 2019 ne s’est pas concrétisée sur le terrain, là où les acteurs doivent être accompagnés, soutenus et non pas éreintés par des injonctions contradictoires et des demandes de remontées incessantes au service d’une communication tout azimut.
  • En deuxième lieu, une crise sanitaire a marqué ces 2 dernières années et bouleversé la vie des services, des écoles, des établissements, des personnels et des usagers. Les conséquences doivent être mesurées et traitées sur le long terme, notamment pour la santé mentale des enfants et des personnels, sujet prioritaire dans les pays voisins qu’on ne traite pas ici, ou encore pour des situations d’épuisement professionnel qui se généralisent.
  • En dernier lieu, nous vivons une crise systémique de notre système éducatif en termes de dévalorisation, de précarisation et de mal-être de nos métiers de l’éducation, rendue encore plus visible depuis quelques semaines par les grandes difficultés de recrutement.

Nous avons mesuré ces différentes crises dans le baromètre des métiers que nous menons chaque année, dont nous vous avons présenté les résultats de la 10ème édition, monsieur le Ministre, lors de notre première rencontre fin mai. Les résultats sont très inquiétants pour notre service public d’éducation, quand une majorité écrasante et croissante des personnels est en désaccord avec les choix politiques qui sont faits ou quand une part importante des personnels ne trouve plus de sens dans ses missions. Sur 43 000 répondant·es, seuls 22% recommanderaient leur métier à un·e jeune de leur entourage !

Cette crise multifactorielle, monsieur le ministre, nécessite des mesures fortes pour relever notre système éducatif, abimé par ces 5 dernières années, pour redonner confiance aux personnels. Pour l’UNSA éducation, nous revendiquons un choc d’attractivité pour nos métiers. Il faut agir sur les conditions de travail dans toutes ses dimensions, avec une formation initiale et continue à la hauteur des défis professionnels, des moyens suffisants et une revalorisation importante pour TOUS les personnels qui les sécurise économiquement et les reconnaisse financièrement. Nous demandons également le Complément de Traitement Indiciaire pour les médecins et les infirmièr·es ainsi que la prime équivalente pour les assistant·es de service social. Le relevé de décisions actant la revalorisation de la filière administrative que nous avons signé doit être respecté. Et les personnels ITRF de nos ministères doivent être enfin reconnus.

Dans les mesures urgentes que nous réclamons, la problématique des bas salaires est une priorité. Les personnels de catégorie B et C doivent bénéficier de mesures spécifiques pour leur pouvoir d’achat. De même, la situation des assistant·es d’éducation, qui attendent un décret d’application pour pouvoir accéder à la transformation en CDI de leur contrat nécessite votre attention, car ce délai met en difficulté les chef·fes d’établissement qui préparent la rentrée. Et puisqu’il s’agit pour nous de déprécariser, nous soulignons la situation des Accompagnant·es d’élèves en situation de handicap dont les conditions de travail sont difficiles et dont la rémunération et le statut ne sont pas à la hauteur de l’ambition d’école inclusive que nous portons.

Vous avez annoncé des mesures d’urgence pour faire face à la situation en matière de pénurie de personnels et nous les saluons mais plus largement, c’est pour toute l’année scolaire que nous sommes inquiets : des recrutements seront indispensables en mobilisant toutes les solutions possibles pour recruter des titulaires fonctionnaires, notamment en ayant immédiatement recours aux listes complémentaires des concours, pour prolonger ou recruter des contractuels sur des contrats pluriannuels. Et ces mesures doivent d’ailleurs être opérées au plus tôt pour se faire dans de bonnes conditions.

L’une de vos premières annonces, monsieur le Ministre, concernait le lancement d’un grand débat sur l’École, en lien avec la création d’un conseil national de refondation annoncé par le Président de la République après son élection. Ce débat ne peut être utile que si les conclusions ne sont pas écrites à l’avance. Cette concertation ne peut réparer le système éducatif que s’il implique toute la communauté éducative sans mettre en porte à faux les personnels et les usagers comme cela a été fait pendant 5 ans. Il faut avoir conscience que le doute est fort sur l’ouverture de ce débat car la confiance est très affaiblie. Pour être réussi, cet exercice doit être suffisamment en phase avec les attentes des personnels, ces objectifs clairs, les conclusions ne pas être écrites à l’avance et ne pas exclure les organisations syndicales, faute d’être voué à l’échec, comme on l’a vu récemment pour la gestion de la crise sanitaire qui a provoqué un important mouvement social en janvier dernier.

Une autre annonce faite pendant la campagne de la présidentielle concernait le métier d’enseignant·e et une revalorisation liée à de nouvelles missions. Nous voulons vous alerter, monsieur le Ministre, sur cette revalorisation conditionnelle. Ce n’est pas sur cette voie qu’il faut s’engager pour rendre le métier enseignant plus attractif, nous l’avons déjà indiqué pendant le Grenelle de l’éducation de l’an dernier. Il faut d’abord reconnaître la réalité du métier aujourd’hui et la charge qui s’est accrue depuis plusieurs années.

 

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Deux réformes majeures, au lycée général et technologique et dans la voie professionnelle, ont été menées pendant le dernier quinquennat. La place des mathématiques dans la voie générale qui est l’objet de CSE pose problème et doit être revue. La création surprise et tardive d’une option maths pour la rentrée se fait dans un calendrier qui peut mettre en difficulté les équipes. De plus, le problème est bien plus large : les programmes de première sont trop lourds et c’est l’enseignement des mathématiques qui doit être repensé, dès le collège, quand tant d’élèves doivent être réconciliés avec cette discipline. Enfin, les inégalités filles-garçons dans le champ scientifique ont des conséquences sensibles dans leur parcours d’études et même après dans le monde professionnel. A ce sujet, les conclusions du groupe de travail sur les biais de genre dans l’orientation à la rentrée dernière étaient ambitieuses et, monsieur le Ministre, nous attendons beaucoup de leur mise en œuvre.

Nous voyons également que la question de l’harmonisation des notes pour les épreuves de spécialité, les réformes annoncées de la voie professionnelle ou de l’apprentissage, les propositions faites sur l’orientation au collège interrogent et en tout cas plaident pour notre demande de maintien des comités de suivi de la réforme de la voie professionnelle et de celle du lycée général et technologique. Ils doivent nous donner les moyens d’analyser les réformes en cours et de construire les évolutions nécessaires.

On a beaucoup parlé de parcoursup pendant la campagne électorale. Pour l’UNSA éducation, se concentrer sur ce dispositif revient à étudier l’orientation par le petit bout de la lorgnette, c’est sur l’accompagnement à l’orientation que nous voulons mettre l’accent, c’est un point faible de la réforme du lycée général et technologique, là où les régions avancent en ordre dispersé, là où des officines privées de coaching accompagnent uniquement les familles qui en ont les moyens car aucun temps spécifique n’était prévu pour les élèves. Voilà un chantier qui mérite un regard transversal à tous les niveaux, aux métiers, à l’état et aux collectivités pour réduire le caractère inégalitaire de notre système éducatif.

Dans votre premier discours rue de Grenelle, vous avez voulu évoquer, monsieur le Ministre, l’importance que vous donnez à la mixité sociale. L’UNSA éducation porte cette question depuis longtemps. Ce dossier a besoin de continuité et de volontarisme politique, pour généraliser les initiatives fructueuses menées par plusieurs collectivités, notamment avec des secteurs multi-établissements. La ségrégation urbaine, sociale et scolaire a progressé dans notre pays et ses conséquences seront et sont déjà lourdes pour le vivre-ensemble.

En conclusion, monsieur le ministre, notre École laïque, publique et gratuite est à la croisée des chemins. Ce sont bien ses finalités qui sont interrogées et le simple voire simpliste « lire, écrire, compter et respecter autrui » martelé pendant 5 ans ne peut répondre aux enjeux écologiques, sociaux et démocratiques du monde de demain. La focalisation sur les classements internationaux est dangereuse, pour la pression qu’elle met sur les personnels et les élèves, et quand elle dessert la construction de compétences sociales indispensables dans l’économie. Le concept d’élitisme républicain qui marque notre système éducatif français doit être remis en cause quand il met de côté chaque année des dizaines de milliers d’enfants au profit de quelques « exceptions consolantes » qui intègrent nos fleurons éducatifs. à travers l’École publique laïque et gratuite qui inclut par l’épanouissement et l’émancipation qui s’y construisent, c’est en effet notre société et notre démocratie qui sont protégées et consolidées, ne l’oublions jamais.

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