Saxe-Anhalt : ce que l’AfD veut changer à l’école
Ce Land compte un peu plus de 2 millions d’habitants, 2,5% de la population allemande. Il pourrait devenir le laboratoire de l’extrême droite. L’éducation est une des compétences majeures des Länder en Allemagne. Voici ce que prévoit le parti politique Alternative für Deutschland (Une alternative pour l’Allemagne) pour les 210.000 élèves et les 14.000 enseignants de la région.
Les fondamentaux : lire, écrire, compter
Dès les premières lignes de son programmes éducatif, le parti d’extrême droite, présente un système éducatif qu’il estime inadapté. Constatant une baisse de niveau, il prône, sans surprise, un focus quasi exclusif sur les « fondamentaux : lire, écrire, compter ». Perte du gout de l’effort, « pédagogisme », manque d’autorité, voici selon eux les raisons d’un déclassement. Pour y répondre : évolution des modes de notation, valorisation du mérite, olympiades et concours avec mise en avant des élèves les plus méritants. Dans cette lecture, l’AfD estime que l’éducation va mal. De là découlerait le manque d’attractivité des métiers enseignants.
Transmettre au lieu d’éduquer ?
De nombreux facteurs empêcheraient les personnels de transmettre enseignements et valeurs. Pour l’AfD, l’école se voit assigner de nombreux objectifs qui ne la concerne pas : intégration des étrangers, lutte contre les inégalités sociales, compenser les carences familiales. Ils vont même à critiquer l’éducation à la démocratie et à l’esprit critique. Celle-ci mènerait à « un endoctrinement contre un patriotisme sain ». L’extrême droite insiste : Ni l’accompagnement social, ni le soutien psychologique ne relèvent de l’école. Dans le viseur également, l’intégration et l’inclusion.
Une École pour les Allemands en bonne santé
Aussi de nombreuses propositions vont dans le sens de la priorité nationale. Il s’agit d’enseigner en priorité aux Allemands. Les enfants migrants doivent rejoindre des classes séparées. Ils doivent comprendre que leur séjour en Allemagne est temporaire par essence. Ainsi l’enseignement devrait porter sur les programmes de leur pays d’origine pour faciliter leur scolarisation à leur retour. De même, l’AfD vise la fin de l’inclusion. Les écoles spécifiques pour les enfants en situation de handicap vont être la norme. Le tri des élèves devra être renforcé. Seul 25% d’une classe d’âge devrait être orientée vers le lycée général. L’orientation précoce et obligatoire sera la norme. Les filières seront ainsi renforcées.
Ils souhaitent réécrire les programmes d’histoire. Le focus devra porter sur la glorieuse histoire allemande du 19eme siècle. Ce n’est pas le seul interventionnisme programmatique prévu. Il sera mis fin au programme éducatif de promotion de la tolérance « école sans racisme – école avec courage ». Le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBTQI+ sera interdit dans les écoles. Les cours de russe et les relations avec le pays de Poutine seront développées. Tandis que le choix des livres scolaires sera imposé par le ministère de l’éducation.
Le parti, classé à risque pour la constitution (les partis qui ne respectent pas les principes de la loi fondamentale peuvent être interdits par la cour constitutionnelle en Allemagne), souhaite également passer d’une scolarisation à un enseignement obligatoire. Ceci permettrait l’enseignement à la maison aujourd’hui interdit en Allemagne.
Il semble donc que l’objectif principal de l’extrême droite soit de se concentrer sur la transmission des savoirs, en triant et en séparant les élèves. Est-ce vraiment cela qui rendra meilleure une société fracturée ? L’AfD ne cherche pas construire une école qui fait société. Ce projet patriotique a pour unique but d’exacerber la priorité nationale. Pour l’AfD, le roman national allemand doit retrouver toutes ses lettres de noblesse, comme par le passé. Même un passé pas si lointain ?

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