Analyses et décryptages

Rentrée universitaire : défendre les CROUS face à la précarité étudiante

À l’heure où le coût de la rentrée atteint des niveaux records, les CROUS constituent un pilier essentiel du service public étudiant. Ils ne proposent pas seulement des logements et des repas à tarifs sociaux : ils rendent concrètement possible l’accès aux études pour des milliers de jeunes éloignés de leur famille ou issus de milieux modestes. Pourtant, leur place peut être fragilisée par les politiques de réduction de la dépense publique, la recherche de rentabilité et la tentation de confier davantage de missions à des opérateurs privés. Le service public des œuvres universitaires doit être renforcé et financé durablement.

Etudier coûte de plus en plus cher

La rentrée universitaire 2026 confirme une réalité difficile à ignorer : étudier coûte de plus en plus cher. Deux organisations étudiantes ont publié des études sur ce sujet qui méritent d’être diffusées. Selon la FAGE, un étudiant non boursier entrant en première année de licence et vivant hors du domicile familial doit prévoir en moyenne 3 239,79 euros pour son installation et son premier mois de vie étudiante. Ce montant représente une hausse de 655,74 euros depuis 2020, soit 25,38% en six ans.

L’indicateur de la FAGE distingue 2 095,06 euros de frais directement liés à la rentrée et 1 144,73 euros de dépenses courantes. Les premiers comprennent notamment 178 euros de droits d’inscription, 105 euros de CVEC, 637,12 euros de dépôt de garantie, 326,16 euros de frais d’agence, 502,25 euros de matériel pédagogique et 132,80 euros d’habillement. À cela s’ajoutent l’alimentation, les transports et les produits d’hygiène.

Une situation préoccupante dans les territoires ultra marins

La situation est encore plus préoccupante dans les territoires ultramarins, où le coût moyen de la rentrée atteint 4 475 euros. Pour les étudiants extracommunautaires, il grimpe à 7 023 euros, notamment en raison de droits d’inscription différenciés de 2 895 euros en licence et de 3 941 euros en master.

Notre communiqué de presse contre l’augmentation pour les frais d’inscription des étudiants extra communautaires ici https://www.unsa-education.com/article-/frais-dinscription-pour-les-etudiants-extra-communautaires-la-france-tourne-le-dos-au-monde/

L’UNEF adopte une autre méthode de calcul. Son enquête mesure le reste à charge mensuel après déduction des aides sociales. Selon le syndicat, le coût de la vie étudiante augmente de 1,66% en 2026. Le reste à payer atteint 1 300 euros par mois, soit 74 euros de plus qu’en 2025 et un niveau supérieur au seuil de pauvreté de 1 288 euros.

Depuis 2017, l’UNEF estime que le coût de la vie étudiante a progressé de 35,84%, soit 888 euros supplémentaires par an. Le logement reste le principal poste de dépense : le loyer moyen dans le parc privé atteint 627,11 euros par mois, contre 426,36 euros en résidence CROUS. En Île-de-France, il s’élève à 857 euros.

Les transports représentent 278,59 euros pour les étudiants non boursiers et 254,14 euros pour les boursiers. L’alimentation augmente de 0,87% en un an et de 30,4% en dix ans. Plus de 50% des étudiants déclareraient sauter régulièrement des repas pour des raisons financières.

Les deux organisations utilisent donc des indicateurs différents, mais leurs constats convergent.

Quelles solutions pour assurer un accès équitable aux études ?

Dans ce débat, l’UNSA Éducation propose une allocation d’études universelle pour soutenir la démocratisation de l’enseignement supérieur. Elle garantirait à chaque étudiant un revenu minimal, afin de limiter la dépendance à l’aide familiale, au travail précaire ou aux aides ponctuelles. Cette allocation poserait une question centrale : faire de l’autonomie financière des étudiants non plus une exception, mais un véritable droit social.

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