L’UNSA Éducation a contribué à un groupe de travail ministériel issu du comité de suivi de la réforme du lycée afin de réfléchir sur l’égalité filles/garçons et les choix d’orientation. Dans ce cadre, la fédération et ses syndicats ont formulé 10 propositions pour améliorer l’orientation scolaire afin de mettre fin aux inégalités de genre.

Des inégalités de genre sont très présentes à l’école et se renforcent au moment du choix des filières. Les réformes du lycée n’ont pas eu les effets escomptés sur ce point.

Les 10 propositions

Parce qu’elle est force de propositions, l’UNSA Éducation, dans sa contribution à ce groupe de suivi ministériel a donc soumis 10 mesures concrètes afin d’agir au plus vite dans ce domaine et au-delà du seul lycée général et technologique :
1/ Les programmes de sciences, de l’école au lycée, doivent mieux intégrer le biais de l’égalité femmes/hommes
2/ Valoriser la mission de référent égalité, mise en place en 2018
3/ Mettre à disposition du système éducatif des statistiques fiables
4/ Travailler sur les rôles modèles.
5/ Faire de l’égalité entre les filles et les garçons un enjeu transversal de l’évaluation des établissements
6/ Intégrer les questions de genre dans les concours de recrutement des métiers du professorat et de l’éducation
7/ Prendre en compte les biais de genre dans la formation au geste professionnel
8/ Travailler sur l’opinion publique
9/ Former les enseignants pour leur mission de suivi et d’orientation
10/ Faciliter l’accès à l’information sur l’orientation

Retrouvez l’ensemble de notre contribution

Elle a servi de base à une tribune qui a reçu un bon écho médiatique et a été publié par l’Obs : signée par l’UNSA Education, le SE-UNSA et plusieurs associations, ce texte est à retrouver ici

Les constats de la DEPP

La dernière publication de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), sur le sujet est en effet préoccupante.
Alors que les filles sont meilleures que les garçons scolairement, elles s’orientent davantage vers des filières moins valorisées, peu porteuses et moins rémunératrices. Par la suite, à la sortie des études supérieures et à diplôme équivalent, elles accèdent à des niveaux de poste souvent inférieurs aux hommes.
Or, la réforme du lycée n’a rien changé à cela pour le moment et au contraire, les choix de spécialités, qui se font désormais dès la fin de l’année de seconde, préfigurent de la future division du travail selon le genre : les spécialités sanitaires et sociales, santé et habillement pour les filles et les mathématiques/physique, industrie pour les garçons.
De même, une note précédente montrait très clairement la prépondérance des filles dans les spécialités artistiques, linguistiques et littéraires au détriment des matières scientifiques, de l’ingénierie et du numérique.

Pour l’UNSA Éducation, il est nécessaire d’aller au-delà des simples constats et d’agir sur tous les stéréotypes de genre et les clichés dès le plus jeune âge car ils constituent un véritable frein à l’égalité. C’est pourquoi la question de l’orientation est fondamentale.

Ainsi, dans ses études sur les manuels scolaires, le Centre Hubertine Auclert a montré que les femmes demeurent invisibilisées dans le champ professionnel et que les femmes et les hommes sont cantonnés dans les secteurs traditionnellement masculins et féminins.

Pour aller au-delà des représentations stéréotypées, la question de la formation des élèves et des personnels de l’éducation à l’égalité est essentielle.

De plus, le lycée est encore un lieu de production d’inégalités entre les filles et les garçons et des comportements sexistes dans certaines filières où les filles sont minoritaires y participent.

Pour notre fédération, l’avenir ne peut se construire sans une égalité réelle entre les femmes et les hommes


Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France en 2019

Résultats de l’enquête elles bougent : « sur le chemin de l’orientation : filles, garçons, à vos marques ! »