« Le futur ça fait peur » ; « Par rapport à l’ancienne génération, c’est difficile, déjà l’emploi, l’argent surtout » ; « Trouver plus facilement des patrons, pour les stages, avec le coronavirus c’est devenu compliqué. Moi, à chaque fois que j’appelle une entreprise, on me dit qu’ils ne prennent pas d’apprentis… » . Ce sont là quelques uns des témoignages de lycéens et apprentis recueillis dans le cadre du dernier baromètre de l’Education des Apprentis d’Auteuil. Celui-ci s’appuie sur un sondage commandité à OpinionWay et réalisé auprès de 3.200 personnes, jeunes, enseignants et parents d’élèves, pour mesurer le sentiment de cette jeune génération dite Covid quant à ses perspectives d’avenir. Les résultats du sondage sont édifiants : jeunes comme adultes « broient du noir » quand on les interroge sur le sujet.

Quelle que soit la véritable raison de cette anxiété, la jeune génération des 16-25 ans est profondément pessimiste quant à son entrée dans la vie active. Et le sondage d’OpinionWay a mesuré ce sentiment d’inquiétude avec force statistiques qui ne sont pas pour rassurer. Pour plus de 74 % d’entre eux, l’entrée sur le marché du travail est plus difficile qu’à l’époque de leurs parents, et il sont même 78 % de l’ensemble des répondants au sondage à le penser.

Emploi et logement

Les autres items par ordre décroissant sont la difficulté de trouver un logement (72 % de l’ensemble), celle de trouver un stage ou un apprentissage (64 %), puis le financement des études (60%). Viennent ensuite « se faire une place dans la société » et « trouver un job étudiant ou saisonnier » (respectivement 59 % et 56%). A regarder de plus près la composition de ces résultats, on s’aperçoit que le panel des jeunes de 16 à 25 ans est enclin à un petit plus d’optimisme que le panel des enseignants et celui des parents des jeunes de moins de 26 ans. Comme si l’expérience de la vie active accréditait le pessimisme plus important de ces derniers.

Au total, ce sont 13 items répertoriés et on peut noter que ceux touchant à l’emploi et à la formation figurent en tête de liste des réponses majoritairement pessimistes : les temps actuels sont ressentis comme bien plus difficiles qu’autrefrois, si l’on remonte à la génération des parents. L’accès aux soins, le voyage, la capacité à avoir des amis et l’accès à la culture figurent en toute fin de liste. 

Impact de la crise sanitaire

Le sondage s’est également intéressé à l’impact de la crise sanitaire dans ce résultat et près d’un tiers des jeunes se sont déclarés plus touchés que la moyenne des Français par cette situation. Là encore, les 16-25 ans estiment être profondément touchés par la Covid-19 pour trouver un stage, accéder à un emploi, étudier à l’étranger, par ordre d’importance décroissant.

La jeune génération se sent donc extrêmement vulnérable, chômage et logement en tête, face à l’avenir le plus proche. Outre le fait que ce sondage mesure le sentiment de ces jeunes plus que la réalité, on ne peut que déplorer cette situation bien réelle d’un ralentissement de l’économie qui a indubitablement des conséquences matérielles et psychologiques chez les jeunes, en fin de scolarité ou dans les études supérieures. L’UNSA Education s’est déjà fortement mobilisée pour alerter les pouvoirs publics quant à cette situation, demandant expressément au Gouvernement de ne pas oublier cette génération alors que des mesures financières exceptionnelles ont été prises à l’égard des secteurs économiques les plus touchés. La génération Covid doit bénéficier d’une aide de grande ampleur pour préparer et entrer sur ce marché du travail conjoncturellement malmené, entrée qui ne pourra que favoriser la reprise socio-économique du pays tout entier.