Le métier d’enseignant appelle à la coopération et à la coéducation selon le Cnesco
« Le métier d’enseignant : quelles évolutions ? A quelles conditions ? ». Tel était l’intitulé complet de la 9e conférence de comparaisons internationales du Cnesco qui a tenté d’apporter des éclairages sur les futurs attendus concernant l’enseignant de demain, et aussi, indirectement, sur les transformations et avancées qui seraient bénéfiques au système éducatif. Ces travaux de réflexion s’appuient sur des témoignages, des datas officielles mais aussi sur des cas pratiques et les comparaisons internationales.
A la lecture des recommandations du Cnesco, l’UNSA Éducation observe une certaine proximité de ses analyses et revendications avec celles du centre d’études, le Cnesco mettant plus particulièrement en avant que le métier d’enseignant est « un métier choisi par sens, mais peu reconnu », que les parcours professionnels sont « mal accompagnés » ou encore qu’il existe pour ce métier « une crise durable d’attractivité et de fidélisation ».
Injonction à faire seul
Mais surtout, être enseignant apparaît encore souvent comme « une injonction à faire face seul », ce que ressentirait surtout les personnes en début de carrière, alors qu’en fait l’éducation est un travail collectif et collaboratif. Et le Cnesco de montrer qu’en France les formes de coopération sont encore peu développées, avec 2 heures de travail collectif par semaine contre 3 heures pour les pays de l’OCDE ; 20 % des enseignants pratiqueraient néanmoins le co-enseignement mais seulement 4 % iraient observer leurs pairs en classe.
Quand travail collectif il y a, celui-ci « repose encore largement sur des initiatives individuelles plutôt que sur une organisation pleinement intégrée au fonctionnement ordinaire des établissements », indique le Cnesco. Et de citer en exemple l’Italie et les Pays-Bas qui proposent un système de coopération renforcée pour l’un, et une organisation plus horizontale qui répartit mieux la charge de travail entre les coopérants pour l’autre.
« Le collectif ne va pas de soi : il suppose du temps, une organisation claire et une reconnaissance institutionnelle », précise le Cnesco, qui revendique que le co-enseignement, la co-intervention et les temps collaboratifs soient intégrés dans les obligations réglementaires de service.
Compétences à collaborer
Autre préconisation : parce que le travail collectif est une modalité qui s’apprend, le Cnesco demande à ce que la formation au travail collectif soit renforcée en formation initiale et continue, au point que les compétences à collaborer soient évaluées au même titre que les compétences disciplinaires et pédagogiques. La formation continue doit être aussi l’occasion de développer des sessions intermétiers et partenariales, propose le Cnesco.
L’accompagnement des entrants dans le métier est également appelé à être mieux structuré, autour d’un tutorat et d’un référent, dans un environnement propice au suivi professionnel, alors que le Cnesco fait une proposition d’un parcours spécifique à l’intelligence artificielle en formation initiale comme continue.
Enfin, du fait d’une intensification des relations avec les parents, via les outils numériques notamment, le Cnesco met en avant la nécessité de « structurer le dialogue avec les familles », structuration qui passe par l’instauration d’un cadre clair de communication et l’organisation de temps réguliers d’information et d’échanges visant à présenter et expliquer régulièrement les initiatives et les orientations pédagogiques de l’établissement. L’action d’ATD Quart Monde sur le croisement des savoirs et des pratiques entre professionnels de l’éducation, enseignants et parents d’élèves, développée depuis dix ans dans plusieurs établissement scolaires est mise en exemple pour illustrer cette recommandation.
Le compte-rendu de la conférence du Cnesco s’avère un outil utile, à la fois synthétique de l’existant et prospectif en matière de pistes de travail à explorer. L’UNSA Éducation a toujours revendiqué le principe d’une coéducation, d’une coopération active entre parents et équipes éducatives, mais aussi de manière plus large, entre élèves, entre enseignant·es, entre acteurs et professionnel·les de l’éducation, favorisant la réussite partagée des plus jeunes dans leurs apprentissages. C’est pourquoi le fait d’apprendre à coopérer prend aussi tout son sens dans la formation des personnels.

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