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La prévention ne peut plus rester un exercice théorique : elle doit enfin devenir une réalité tangible pour les personnels.

La formation spécialisée ministérielle en matière de santé, de sécurité et des conditions de travail (F3SCTMEN) s'est réunie le mardi 09 juin 2026 pour examiner notamment les orientations stratégiques ministérielles 2026-2027. L'UNSA Éducation y a rappelé l'importance que la prévention se traduise concrètement dans la réalité quotidienne des personnels par la mise en œuvre de moyens tangibles. L'UNSA Éducation est intervenue également sur les conditions de travail des personnels de direction et le risque suicidaire. Nous avons fait voter enfin deux avis.

L’UNSA Éducation rappelle une évidence : la prévention ne peut plus rester un exercice théorique : elle doit enfin devenir une réalité tangible pour les personnels. Or, à la lecture des documents transmis, un constat s’impose : les ambitions existent, mais la mise en œuvre reste trop souvent défaillante.

Les orientations stratégiques ministérielles affichent des priorités que nous partageons, mais tant que les équipes de prévention seront sous‑dimensionnées, tant que les formations obligatoires seront repoussées, tant que les moyens resteront virtuels, la prévention restera un slogan. Les personnels attendent des actes, pas des intentions.

Le bilan handicap illustre parfaitement cette dérive. La DHIP travaille sérieusement, personne n’en doute, mais le document reste centré sur les outils, les plateformes, les tableaux. Il dit ce que fait l’administration, pas ce que vivent les agents. Le maintien dans l’emploi, les délais d’aménagement, les refus, les contentieux, l’usure professionnelle : tout cela demeure dans l’angle mort. Et le ministère reste loin des 6 % légaux, alors même que le FIPHFP envisage de relever ce taux. Pour le premier employeur public du pays, c’est un signal d’alerte majeur. Nous demandons une politique handicap intégrée à la QVCT, tournée vers la prévention et le maintien dans l’emploi, pas vers la seule conformité administrative.

Le rapport des ISST, lui, montre une mobilisation exemplaire : inspections en hausse, participation accrue aux instances, réunions d’urgence multipliées par quatre. Mais leurs constats stagnent, faute de suites. Le DUERP reste absent ou inutilisable dans une majorité d’écoles, de collèges, de lycées et de services. Les risques psychosociaux sont traités après les crises, jamais avant. Le risque amiante demeure mal connu, mal évalué, mal tracé. Et surtout, les préconisations des ISST ne sont pas suivies. Le fait qu’elles soient reprises presque à l’identique cette année est devenu un problème politique majeur.

Le silence institutionnel sur la prévention primaire du risque suicidaire est encore plus préoccupant. Ce silence n’est pas neutre : il traduit une difficulté persistante du ministère à affronter ce sujet. Le risque suicidaire n’est pas un tabou, c’est une obligation légale de prévention. L’absence de DUERP actualisés, l’absence de prévention primaire, les carences de la médecine de prévention, les refus d’imputabilité, les situations laissées à l’abandon : tout cela contribue à aggraver la souffrance des personnels. Nous exigeons une politique claire, assumée, structurée, et non un traitement au cas par cas après les drames.

Enfin, le plan vague de chaleur, même amélioré, reste trop timide. Oui, plusieurs de nos remarques ont été intégrées. Oui, le document est meilleur que celui de janvier. Mais il demeure flou, prudent, dépendant des moyens locaux. Les personnels n’ont pas besoin d’un constat supplémentaire : ils ont besoin de seuils, de procédures, de décisions nationales notamment un plan pluriannuel du bâti scolaire. Pas d’un renvoi permanent à « ce qui est possible localement ».

Au fond, tout converge vers un même constat : la prévention reste trop souvent un exercice théorique. Elle existe dans les documents, mais pas encore dans les faits. Handicap, DUERP, amiante, RPS, risque suicidaire, vagues de chaleur : les constats sont connus, répétés, documentés. Ce qui manque, ce sont les actes et l’opérationnalité qui en découle.

L’UNSA Éducation attend aujourd’hui des engagements concrets, des calendriers, des moyens, et une volonté politique claire. Parce que la santé et la sécurité au travail ne se commentent pas : elles se garantissent. Et nous serons là pour l’exiger, avec détermination et constance.

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