Financement des universités : l’urgence d’un engagement financier durable de l’État
Depuis 2012, les établissements d’enseignement supérieur ont accueilli près de 20 % d’étudiantes et d’étudiants supplémentaires. Ils ont dû absorber dans le même temps des dépenses croissantes liées notamment à l’inflation, à l’augmentation des coûts de l’énergie ou encore aux mesures salariales décidées au niveau national, sans compensation suffisante de l’État. Cette situation a conduit à une dégradation progressive des marges de fonctionnement des établissements et des conditions de travail des personnels.
Un investissement stratégique pour l’avenir du pays
C’est dans ce contexte que le gouvernement a lancé en janvier dernier les Assises du financement des universités. Les syndicats de l’UNSA Education ont fait le choix de la responsabilité et ont participé à ces assises, pour faire entendre leurs revendications, et rappeler que l’enseignement supérieur et la recherche constituent un investissement stratégique pour l’avenir du pays.
Pour le SNPTES « aucune discussion sérieuse sur le financement de l’enseignement supérieur et la recherche ne peut se faire sans une analyse rigoureuse et minutieuse des chiffres ». En amont des Assises, le syndicat par le biais de son observatoire a ainsi dressé un état des lieux aussi factuel que possible de l’évolution des indicateurs financiers depuis 2010. De son côté, Sup’Recherche-UNSA rappelait « qu’elles ne pourront produire d’effets significatifs sans une reconnaissance explicite des déséquilibres actuels et sans engagements clairs en faveur de moyens pérennes, à la hauteur des exigences de l’enseignement supérieur et de la recherche ».
La réponse au sous-financement des universités ne doit pas peser sur les usagers
Les constats présentés lors du CNESER du 16 juin 2026 rejoignent largement les alertes formulées depuis des années par les personnels : effectifs insuffisants dans les personnels, difficultés financières récurrentes, dégradation des conditions de travail et incapacité à répondre pleinement aux besoins croissants des usagers.
Face à cette situation, certaines pistes évoquées dans le cadre des Assises suscitent une vive inquiétude. Parmi elles figure l’hypothèse d’une augmentation de la part des frais d’inscription dans le financement des universités, qui passerait de 2,5 % à 10 %, ainsi qu’une modulation de ces frais selon la situation des familles. La FAGE, première organisation représentative étudiante, a dénoncé cette idée de modularisation et d’augmentation des frais d’inscriptions qui repose sur une conception très « familialisée » de l’aide sociale étudiante.
Faire peser davantage le financement de l’enseignement supérieur sur les étudiantes et les étudiants constituerait une remise en cause du principe d’accessibilité qui fonde le modèle français d’enseignement supérieur public. Dans un contexte de précarité étudiante persistante, une telle orientation risquerait d’accentuer les inégalités sociales et territoriales d’accès aux études. Après s’être attaqué aux étudiants extra-communautaires en multipliant par 16 leurs frais d’inscription, le ministère semble désormais vouloir étendre cette logique à l’ensemble des étudiant.es.
La réponse au sous-financement des universités ne peut être le transfert de la charge financière vers les usagers. Elle passe nécessairement par un réinvestissement public massif et pérenne. L’État doit assumer pleinement sa responsabilité en garantissant aux établissements les moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions d’enseignement, de recherche et de diffusion des connaissances.
Un engagement de l’état à la hauteur des défis
L’UNSA Éducation soutient également la revendication portée par le SNPTES visant à ce que le financement des pensions des fonctionnaires soit directement pris en charge par le budget de l’État. Les crédits alloués aux universités doivent servir en priorité à leurs missions fondamentales plutôt qu’à absorber des charges qui réduisent chaque année davantage leurs capacités d’action.
Les enjeux immobiliers illustrent également l’ampleur des besoins. La rénovation énergétique, la mise en sécurité des bâtiments et l’entretien du patrimoine universitaire nécessitent des investissements considérables. Toute évolution de la gouvernance du patrimoine doit s’accompagner de financements pérennes et de garanties pour les personnels concernés.
Pour l’UNSA Éducation, l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche publics ne peut se construire sur une logique comptable ou marchande. Les universités accueillent chaque année des centaines de milliers de jeunes, contribuent au développement scientifique du pays et participent à la cohésion sociale ainsi qu’à la compétitivité économique de la France.
Le diagnostic est désormais largement partagé. Le temps des constats doit laisser place à celui des décisions. L’enseignement supérieur et la recherche ont besoin d’un engagement financier durable de l’État, à la hauteur des défis scientifiques, économiques, sociaux et démocratiques auxquels notre société est confrontée.

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