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Enseignement professionnel : des perspectives à moyen terme, mais les urgences des personnels restent sans réponse

La feuille de route présentée par Sabrina Roubache aux acteurs de la voie professionnelle affiche trois ambitions : sécuriser les parcours, renforcer l’égalité des chances et favoriser l’insertion professionnelle. Si ces objectifs peuvent être partagés, l’UNSA Éducation constate qu’ils passent largement à côté des préoccupations immédiates des personnels qui font vivre au quotidien les lycées professionnels.

La ministre met en avant le développement des classes de troisième prépa-métiers, la fluidification des parcours entre CAP et baccalauréat professionnel, le recensement des places d’internat disponibles ou encore la création d’un CNR ( Conseil National Refondation-dispositif de financement sur projet) consacré à l’attractivité de la voie professionnelle. Ces annonces dessinent des perspectives de moyen terme mais elles ne répondent pas aux difficultés concrètes auxquelles les équipes sont confrontées aujourd’hui.

L’UNSA Éducation rappelle que la priorité doit être de consolider les conditions d’exercice des personnels et les moyens alloués aux établissements. Depuis plusieurs années, les réformes successives ont profondément transformé les lycées professionnels, les LPO et les EREA, sans que les questions de charge de travail, d’accompagnement des élèves ou de reconnaissance des personnels trouvent de réponses satisfaisantes.

La question de l’inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers est emblématique de ce décalage. Les lycées professionnels accueillent un nombre croissant d’élèves nécessitant des accompagnements spécifiques. Cette évolution constitue une richesse pour l’École et la société mais elle place les équipes sous forte tension lorsque les moyens humains, les formations adaptées et les dispositifs d’accompagnement ne suivent pas. Les personnels ont besoin de réponses immédiates pour garantir à tous les élèves des parcours de réussite et des conditions d’apprentissage sereines.

L’UNSA Éducation alerte également sur l’avenir des bureaux des entreprises. Ces structures ont progressivement trouvé leur place dans les établissements et jouent un rôle utile dans le développement des partenariats, l’accompagnement des élèves vers les PFMP et l’insertion professionnelle. Leur pérennisation doit désormais être clairement garantie, et l’articulation avec les missions des DDFPT clarifiée. Les personnels comme les partenaires économiques ont besoin de visibilité et de stabilité sur ce dispositif créé par la dernière réforme dite Grandjean.

Plus largement, l’UNSA Éducation continue de défendre une voie professionnelle choisie, émancipatrice et attractive, qui ne soit pas uniquement pensée à travers les besoins immédiats du marché du travail. Elle doit permettre l’acquisition de qualifications solides, la poursuite d’études, l’insertion professionnelle durable mais aussi la formation de citoyennes et citoyens.

Si le dialogue annoncé par la ministre constitue un signal positif, il devra rapidement déboucher sur des mesures concrètes répondant aux attentes des personnels. La déclinaisons des moyens et des actions sont vivement attendues. L’attractivité de la voie professionnelle ne se décrète pas : elle passe d’abord par des établissements disposant des moyens nécessaires pour accompagner tous les élèves et par une réelle reconnaissance de celles et ceux qui s’y engagent.

Illustration: plateau technique du lycée Luxembourg de Vesoul, filière chaudronnerie.

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