Education dans l’espace francophone : des défis communs
Le comité syndical francophone de l’éducation et de la formation avait voulu centrer les travaux de cette rencontre sur deux enjeux. D’une part, la question de l’investissement public dans l’éducation, pour s’inscrire dans la campagne « ensemble on fait école » de l’Internationale de l’éducation. Cette organisation mène une campagne de plaidoyer mondiale pour l’école publique. Le CSFEF demande aux états d’investir au minimum 6% de leur richesse nationale et 20% de leur budget dans l’éducation et la formation. Peu d’états y parviennent dans l’espace francophone.
Le deuxième enjeu de cette rencontre, qui a notamment permis un temps d’échange avec la CONFEMEN, était de soutenir le développement des systèmes éducatifs africains concernés par le PASEC, un programme d’évaluation dont les objectifs réaffirmés par le sommet francophone de Yaoundé, en avril, sont soutenus par le CSFEF. Il s’agit de développer la qualité des systèmes scolaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale avec des programmes visant notamment à mieux former les enseignants.
Lien vers le communiqué de presse du CSFEF sur le bureau de Dakar sur ce lien.
Cette rencontre, marquée par des moments d’échange avec les syndicats sénégalais, par une visite d’école et par un tour d’horizon de l’actualité sociale et éducative des pays francophones, a permis aux 15 membres du bureau, issus de 10 pays et de 3 continents, de publier une rubrique dans médiapart : « face aux défis planétaires, une solution d’avenir, l’école publique » à retrouver sur ce lien.
En effet, le CSFEF veut alerter l’opinion publique sur la marchandisation croissante de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Par exemple, au Sénégal, en un an, 5 écoles privées sont ouvertes pour une seule école publique en moyenne. Cette concurrence faussée, où des entreprises font des bénéfices sur le dos des familles et des enseignants, précarisés, est un défi majeur pour tous les pays francophones et menace la cohésion des sociétés.
Le CSFEF s’est fixé un programme d’action pour l’année à venir : promouvoir l’investissement public dans l’éducation, pour améliorer les conditions de travail des personnels. Suivre à l’échelle de chaque état concerné les résultats du PASEC qui sera publié en octobre. Développer la solidarité syndicale, à travers des échanges, en soutien aux pays en crise ou en guerre notamment. Et enfin, un travail sur les enjeux éducatifs du moment, et notamment l’impact de l’IA à l’école, la montée de la violence et l’éducation à la paix.

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