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Éducation à la vie affective et sexuelle : nouvelle étape pour davantage d’égalité

L’éducation à la sexualité est une obligation légale mentionnée dans le code de l’éducation. Pourtant, on estime que moins d’un élève sur cinq effectue les trois séances annuelles prévues par le cadre réglementaire. Pour mieux structurer cette éducation à la vie affective et sexuelle (EVAS), le ministère de l’éducation a donc décidé de réviser les programmes, de mieux former les personnels, tout en structurant l’action de tous les acteurs déjà concernés. Pour l’UNSA Éducation, ces initiatives ne doivent pas se cantonner à des effets d’annonces car la culture de l’égalité filles-garçons doit être développée pour être au cœur des missions de l’École. C’est d’autant plus essentiel que l’on assiste actuellement à une campagne de mobilisation de l’extrême droite contre cette thématique. La vigilance s’impose !

Un nouveau plan pour l’éducation à la sexualité

L’éducation à la vie affective et sexuelle n’a pas aujourd’hui pleinement sa place dans les écoles, collèges et lycées en dépit de son caractère obligatoire. Le code de l’éducation prévoit qu’« une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène. Ces séances présentent une vision égalitaire des relations entre les femmes et les hommes. Elles contribuent à l’apprentissage du respect dû au corps humain et sensibilisent aux violences sexistes ou sexuelles ainsi qu’aux mutilations sexuelles féminines. » Ce sont avant tout les infirmières et infirmiers ayant suivi une formation de 6 jours obligatoires, ainsi que les professeur.es de SVT qui prennent en charge ces heures, en lien avec des associations agrées par le MENJ.

Il est indispensable que dans l’éducation des futurs citoyennes et futures citoyennes, les compétences lies à l’EVAS, comme la connaissance et la maîtrise de son corps, le respect des personnes et l’égalité filles-garçons, soient prises en compte. En conséquence, cela nécessite une refonde du dispositif, ainsi que des moyens supplémentaires. C’est pourquoi le Conseil supérieur des programmes a été saisi afin de définir les notions clés à transmettre et l’organisation des séances. De nouveaux programmes, de l’école au lycée, sont donc attendus pour la rentrée 2024. L’EVAS participe aussi à la lutte contre le harcèlement, les LGBTIPhobies, le sexisme et les violences sexuelles et sexistes. C’est pourquoi il est nécessaire d’agir pour avoir au plus vite une politique d’éducation à la sexualité ambitieuse et efficace.

Une campagne hostile orchestrée par l’extrême droite

Ce sujet agite les milieux de l’extrême droite depuis plusieurs années, mais on assiste depuis peu à de nouvelles initiatives. L’EVAS est rejetée par ce courant politique au prétexte que cela ne correspondrait pas aux missions de l’École et qu’il s’agirait d’une thématique qui perturberait les élèves et les personnels. Cet activisme est porté à la fois par des organisations politiques (le parti Reconquête !) des associations regroupant des parents (Parents Vigilants ou Mamans louves, toutes deux liées au parti de Zemmour) et il reçoit parfois le soutien de certains médias, voire d’organisations syndicales qui affichent ainsi leur proximité avec l’extrême droite. De nombreuses fake news relayées par toute la fachosphère servent de prétexte à ces groupes pour en finir avec l’éducation à la sexualité.

Face à cette agitation, il importe de porter haut et clair nos valeurs d’égalité et de liberté et c’est pourquoi l’UNSA Éducation s’alarme des pressions exercées sur les personnels.

Agir pour l’éducation et l’égalité

L’UNSA Éducation rappelle que l’éducation à la vie affective et sexuelle est l’affaire de toutes et tous, de l’école au lycée et qu’elle contribue à la construction et l’éducation de toutes et tous. Elle a donc pleinement sa place dans notre système éducatif et ne peut pas être l’objet de polémiques instrumentalisées par la frange la plus réactionnaire de l’opinion. L’EVAS participe, en outre, au développement des compétences psychosociales définies par l’OMS dès 1993. C’est pourquoi notre fédération sera attentive à chaque étape de la mise en place du nouveau plan ministériel et s’opposera fermement à l’agitation fomentée par l’extrême droite.

 

 

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