Analyses et décryptages

Pisa 2025 : la France plus que jamais « championne » de l’inégalité scolaire

La généralisation de la baisse des résultats Pisa 2025 dans les pays occidentaux, qui minore les résultats français, ne doit pas occulter le fait que la France demeure l’un des pays de l’OCDE où l’origine sociale est un puissant déterminant de la réussite scolaire.

Voici des données qui font toujours aussi mal : de 12 à 15 points de plus par rapport à la moyenne OCDE, tel est le score de la France au regard des écarts entre élèves favorisés et défavorisés. Qu’il s’agisse de compréhension de l’écrit, de mathématiques ou de sciences. La différence est également nette en culture scientifique si l’on compare les statistiques 2022 et 2025 concernant l’écart entre élèves favorisés et défavorisés : de 50 à 100 points d’écart désormais.

Par élèves défavorisés ou favorisés, on entend celles et ceux appartenant aux quartiles inférieurs ou supérieurs selon l’indice de statut économique, social et culturel (SESC). Pour rappel, cet indice intègre trois données : le statut professionnel des parents, leur niveau de formation et les ressources dont disposent les élèves à la maison.

Seule petite lueur d’espoir, en culture mathématique, l’écart social baisse de 18 points en quatre ans.

Toutefois, selon Pisa 2025, depuis 2022, les disparités socio-économiques se sont réduites mais au détriment des élèves les plus favorisés qui ont vu leurs résultats baisser alors que les élèves défavorisés n’ont pas élevé leur niveau. Ce qui aboutit à un constat pessimiste : il y a là un effet de nivellement par le bas qui ne corrige en rien l’inégalité et le rattrapage social.

Ce point consacre cruellement l’inefficacité de notre pays à faire « monter » les élèves en difficulté malgré les dédoublements de classe en primaire, la tentative de création des classes de niveau au collège et les appels répétés au recentrage sur les fondamentaux. Il est un fait que la France persévère dans un modèle de reproduction sociale forte, par le resserrement des moyens, la multiplication des missions des personnels d’éducation et la coexistence d’un secteur privé exempté de diversité républicaine et financé en grande partie par les deniers publics.

L’UNSA Éducation ne manque jamais de rappeler que les résultats Pisa ne sont en rien l’alpha et l’oméga des politiques éducatives. Force est de constater cependant que les réformes successives, faites souvent dans l’urgence sans considération de l’expertise de ses personnels, montrent ici leur limite. Il est urgent, au regard des nouveaux défis sociaux, économiques et médiatiques de changer d’optique, de renouer avec la confiance et l’engagement permanent des personnels pour une éducation partagée qui rassemble et ne fracture plus.

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