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Discrimination salariale des femmes: 36 jours de travail offerts par an !

Ce n’est ni un slogan publicitaire ni une fatalité, mais une discrimination salariale systémique entre les femmes et les hommes que l’UNSA Éducation dénonce sans relâche. Chaque année, au cours du mois de novembre, une frontière symbolique est franchie. A travail égal les femmes en 2026 cesseront d'être rémunérées à partir du 19 novembre jusqu’au 31 décembre 2026. Dans une Fonction publique d’État composée à 63 % de femmes, il est temps de passer des déclarations d'intention à la correction effective des inégalités.

1. Une discrimination salariale persistante : le constat des chiffres

Dans la Fonction publique d’État, la rémunération mensuelle brute moyenne des femmes reste inférieure de 9,8 % à celle des hommes, soit un manque à gagner moyen de 410 euros bruts par mois. Sur cet écart :

  • 68 € s’expliquent par le temps de travail (recours accru au temps partiel) ;
  • 50 % des 342 € restants découlent de la ségrégation des métiers et des corps ;
  • 26 % proviennent des régimes indemnitaires et des primes, encore trop souvent favorables aux parcours masculins.

Même à temps de travail identique, l’écart défavorable aux femmes atteint 8,1 % (et 8,7 % spécifiquement chez les enseignants). Pire encore, à corps, avancement et temps de travail équivalents, il persiste un écart résiduel de 2,1 %.

À cette discrimination salariale directe s’ajoute le gel du point d’indice, qui représente une perte de pouvoir d’achat d’environ une centaine d’euros par mois pour les personnels, aggravant encore la précarité des agentes tout au long de leur carrière et au moment de la retraite.

2. Ce que revendique l’UNSA Éducation

L’UNSA Éducation exige des avancées concrètes et contraignantes :

  • Inscription explicite dans le Code général de la fonction publique (CGFP) du principe « à travail de valeur égale, salaire égal ».
  • Rattrapage salarial et revalorisation des filières et métiers majoritairement féminisés (enseignement, administratif, accompagnement).
  • Transparence et équité dans la distribution des régimes indemnitaires (primes, RIFSEEP) et des promotions.
  • Sanctions dissuasives pour les administrations ne respectant pas les objectifs d’égalité professionnelle.
  • Véritable articulation vie professionnelle / vie privée, par une flexibilité choisie et un soutien renforcé à la parentalité.

3. Des causes profondes : stéréotypes, temps partiel et charge domestique

Pourquoi de tels écarts persistent ils ?

  • Le poids du travail non rémunéré : Selon l’ONU Femmes, les femmes effectuent en moyenne 4,2 heures de tâches domestiques et de soins non rémunérés par jour, contre 1,7 heure pour les hommes. Cette charge disproportionnée freine les trajectoires professionnelles et contraint trop souvent au temps partiel.
  • Le recul sur les droits familiaux : Le décret relatif aux autorisations spéciales d’absence (ASA) et à la parentalité impose un cadre rigide qui réduit la marge de négociation locale et restreint certains droits (notamment pour la garde d’enfants malades). L’UNSA Fonction Publique s’est fortement mobilisée — avec une pétition ayant rassemblé plus de 54 000 signatures — et a permis de maintenir plusieurs garanties essentielles, mais le compte n’y est pas.

4. Transposition de la directive européenne : passer de la transparence à l’action

Le principe « À travail de valeur égale, salaire égal » est un droit fondamental garanti par la Convention 100 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et le Code du travail. La France doit transposer la Directive européenne 2023/970 sur la transparence salariale.

Pour l’UNSA Éducation, rendre les écarts visibles grâce aux grilles et à l’information des agents est une étape nécessaire, mais insuffisante : rendre les écarts visibles doit obligatoirement s’accompagner de leur correction effective.

            L’égalité professionnelle ne peut plus se contenter de symboles ou d’outils de mesure passifs. Alors que les femmes constituent la majorité des agents publics, l’UNSA Éducation continuera d’interpeller l’État employeur et de se battre dans toutes les instances pour que la justice salariale devienne enfin une réalité. Le travail des femmes a une valeur : il exige une rémunération égale, sans condition ni délai !

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