Santé mentale des jeunes : Le SNMSU Unsa dans la presse régionale
Alors que le gouvernement annonce la mise en place, dès la rentrée 2026, d’un dispositif permettant aux élèves en souffrance psychique d’obtenir un rendez-vous avec un professionnel de santé sous 24 à 48 heures, les réactions des acteurs de terrain invitent à dépasser les effets d’annonce pour s’interroger sur les moyens réellement disponibles.
Interrogée par France 3 Nouvelle-Aquitaine, Guénola Baleige, médecin de l’Éducation nationale en Charente-Maritime et secrétaire académique du SNMSU-UNSA pour l’académie de Poitiers, apporte un éclairage précieux sur les réalités auxquelles sont confrontés quotidiennement les personnels de santé scolaire.
Si l’objectif affiché de réduire les délais de prise en charge peut sembler répondre à une urgence largement partagée, Guénola Baleige pointe immédiatement la principale difficulté : l’insuffisance chronique des moyens humains.
« Aujourd’hui, environ 60 % des postes de médecins scolaires ne sont pas pourvus », rappelle-t-elle.
Un constat alarmant qui illustre les difficultés rencontrées dans de nombreux territoires pour assurer les missions de prévention, de suivi et d’accompagnement des élèves.
Pour la représentante du SNMSU-UNSA, la mesure gouvernementale ne répond pas au problème de fond. « Je pense que c’est un effet d’annonce, sans réponse concrète », affirme-t-elle. Une analyse qui rejoint directement le communiqué publié quelques jours plus tard par le SNMSU-UNSA, intitulé « Santé mentale des jeunes : stop aux effets d’annonce ».
Dans ce texte, le syndicat rappelle que les professionnels de santé scolaire alertent depuis des années sur le manque de médecins scolaires, de psychologues, d’infirmières et de pédopsychiatres. Pour le SNMSU, la question n’est pas celle du repérage des situations de souffrance psychique : les équipes éducatives et médico-sociales identifient déjà les élèves en difficulté et travaillent en réseau pour les orienter. Le véritable obstacle demeure l’accès à une offre de soins suffisamment dimensionnée.
« Il faut recruter », martèle Guénola Baleige.
Et les difficultés ne concernent pas uniquement la santé scolaire. La situation est tout aussi préoccupante dans les structures spécialisées. La médecin témoigne ainsi des échanges qu’elle a eus avec un centre médico-psycho-pédagogique de Charente-Maritime : « Ils ne peuvent plus prendre de personnes supplémentaires. Il n’y a plus de place. »
Cette réalité de terrain fait écho aux inquiétudes exprimées par le SNMSU-UNSA concernant la capacité du système de soins à absorber une augmentation des orientations sans renforcement massif des effectifs.
Pour autant, personne ne conteste l’urgence de la situation. Les professionnels constatent une aggravation continue des troubles psychiques chez les jeunes. « Les problèmes de santé mentale explosent depuis une décennie, et particulièrement depuis le Covid. Le climat ambiant est hautement anxiogène », souligne Guénola Baleige.
Face à cette situation, l’UNSA Éducation et le SNMSU ne se contentent pas d’alerter. Avec le lancement de la pétition pour un Pacte national de la santé scolaire et universitaire, ils portent des revendications concrètes : recruter massivement des médecins de l’Éducation nationale, renforcer les équipes pluriprofessionnelles, améliorer l’attractivité des métiers et donner enfin à la santé scolaire les moyens de répondre aux besoins des élèves.
L’intervention de Guénola Baleige dans les médias rappelle une évidence : les professionnels de terrain connaissent les besoins des jeunes, repèrent les situations de souffrance et accompagnent les familles. Encore faut-il leur donner les moyens d’agir.
La santé mentale des élèves mérite une véritable ambition nationale. Cette ambition ne pourra devenir réalité qu’en s’appuyant sur l’expertise des personnels et sur des investissements durables, bien au-delà des annonces ponctuelles.
