[Nouvelle-Aquitaine] Quelle École voulons-nous pour les dix prochaines années ?

La baisse démographique ne peut plus être l'unique boussole de nos politiques éducatives. À l'occasion du CSA spécial de Région Académique du 29 juin 2026, l'UNSA Éducation a porté une vision claire : face aux quatre grandes transitions qui traversent notre système éducatif, le véritable risque serait de continuer à piloter l'École comme si rien n'avait changé autour d'elle.

Moins d’élèves ne signifie pas moins de besoins

Les situations sont plus complexes, les attentes des familles évoluent, les besoins éducatifs particuliers augmentent, les équipes sont davantage sollicitées et les difficultés de recrutement deviennent structurelles. Notre École est aujourd’hui confrontée à quatre transitions qu’elle doit réussir simultanément : démographique, écologique, numérique et sociale — cette dernière marquée par l’inclusion, l’évolution des métiers et la santé au travail.

Pour l’UNSA Éducation, la carte scolaire ne peut donc plus être pensée uniquement à partir des effectifs. Elle doit désormais intégrer les réalités de l’inclusion, de la ruralité, des temps de transport, de la santé au travail, de l’accès aux soins, mais aussi de l’adaptation de nos établissements au changement climatique. Les territoires ruraux ne doivent plus être regardés comme un coût supplémentaire, mais comme une richesse et un laboratoire d’innovation éducative. L’égalité républicaine impose que chaque élève puisse bénéficier d’un service public de qualité, quel que soit son territoire.

 

Formation continue : ni déterminisme territorial, ni repli défensif

Les difficultés rencontrées aujourd’hui par les GRETA et les CFA publics nous interrogent collectivement. Nous devons éviter qu’un nouveau déterminisme territorial ne s’installe — un déterminisme de la qualification, où l’accès à une formation dépendrait progressivement du lieu où l’on habite. Préserver une offre publique de proximité constitue un enjeu majeur d’égalité et d’aménagement du territoire.

Mais la réponse ne peut pas être uniquement défensive. Notre réseau de formation continue doit se transformer pour devenir un opérateur public de formation d’excellence, en articulant voie professionnelle scolaire, apprentissage et formation continue — une véritable stratégie régionale au service des parcours tout au long de la vie, appuyée sur l’innovation pédagogique et le numérique, y compris dans les territoires les plus éloignés.

 

Les personnels : première richesse de l’institution

Aucune de ces transformations ne réussira sans les personnels. Directeurs d’école, DDFPT, personnels administratifs, AESH, enseignant·es, personnels d’encadrement : leurs missions s’élargissent continuellement. Cette évolution doit s’accompagner d’une véritable reconnaissance et d’une amélioration des conditions de travail. Les personnels ont besoin de confiance et de lisibilité. Ils savent accompagner les transformations lorsqu’elles sont anticipées, expliquées, construites avec eux et fondées sur des données objectives.

Enfin, les récents événements ayant concerné certains établissements privés sous contrat ont rappelé une évidence : lorsqu’un établissement participe au service public d’éducation et bénéficie de financements publics, les exigences de transparence, de contrôle et de protection des élèves doivent être les mêmes pour tous. Il ne peut y avoir d’angles morts de la République.

 

Une École qui anticipe, qui fait confiance, qui émancipe

L’ambition de l’UNSA Éducation est claire : nous voulons une École qui anticipe plutôt qu’elle ne subisse, qui investisse dans l’innovation, qui garantisse l’égalité des territoires et qui demeure un véritable levier d’émancipation. Parce qu’au fond, la véritable question n’est pas de savoir comment gérer les contraintes d’aujourd’hui. La véritable question est de savoir quelle École nous voulons construire pour les dix prochaines années.

 

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