Canicule à l’Ecole : l’UNSA Éducation Bordeaux avait alerté — et le combat continue
Dès juin 2025, l’UNSA Éducation Bordeaux interpellait le recteur face à la vague de chaleur qui frappait notre académie. Nous lui rappelions le cadre réglementaire : depuis le 1er juillet 2025, le décret n°2025-482 impose aux employeurs publics d’intégrer les risques liés aux fortes chaleurs dans le DUERP, avec des mesures de prévention déclenchées dès le niveau de vigilance jaune de Météo-France.
Nos demandes au recteur
- La mise en place d’une échelle académique de vigilance climatique, articulée à celle de Météo-France, pour déclencher des mesures de protection dès les premiers signaux d’alerte.
- Un recensement typologique des 2 807 écoles et établissements de l’académie selon leur niveau de vulnérabilité : caractéristiques du bâtiment, température intérieure, public accueilli, contraintes de fonctionnement et de transport.
- La classification comme prioritaires pour fermeture ou adaptation de tout établissement présentant au moins trois critères à niveau élevé dès le passage en vigilance orange.
- L’octroi sans délai d’autorisations spéciales d’absence (ASA) pour les agents vulnérables.
Le recteur nous a répondu en juillet 2025 en reconnaissant nos préoccupations. Mais la réponse est restée trop générale : aucune grille partagée, aucun dispositif de déclenchement automatique des mesures de protection, aucun engagement structurel sur le bâti scolaire.
Les mêmes carences constatées à l’échelle nationale
Ce constat rejoint l’analyse nationale de l’UNSA Éducation sur le plan canicule du ministère. Si la reconnaissance de la chaleur comme risque professionnel à part entière est une avancée que nous saluons, le plan reste trop déclaratif. Quatre constats s’imposent :
- Une responsabilité renvoyée vers le terrain : aucun outil d’aide à la décision n’est fourni aux équipes, aucune grille, aucun critère hiérarchisé.
- Un cadre peu protecteur : les formulations restent vagues — « dans la mesure du possible », « si nécessaire » — et la protection repose davantage sur la capacité d’adaptation individuelle que sur des garanties effectives de l’employeur.
- Une prévention qui intervient après coup, sans stratégie structurelle sur le bâti scolaire ni priorisation nationale claire.
- Des inégalités territoriales qui se creusent selon l’état des bâtiments et les moyens locaux, alors que la canicule est un risque national qui appelle un socle minimal commun de garanties pour tous.
Nos mandats : adapter l’École, c’est agir sur trois leviers
Pour l’UNSA Éducation, adapter l’École au changement climatique exige d’agir simultanément sur l’architecture scolaire, la forme scolaire et les contenus pédagogiques. Concrètement, nous demandons :
- Des outils d’évaluation et d’aide à la décision pour les équipes, pour qu’elles ne soient pas laissées seules face à l’urgence.
- Une articulation réelle entre le risque chaleur et les DUERP, au-delà d’une simple mise à jour administrative.
- Un plan structurel sur le bâti scolaire, avec priorisation des situations critiques.
- Une méthodologie partagée à l’échelle académique pour harmoniser les réponses et éviter des inégalités de traitement entre territoires.
- Des droits effectifs et mobilisables pour les agents vulnérables, avec des modalités d’ASA claires et connues de tous.
Sans cela, la canicule continuera d’être gérée dans l’urgence, avec une responsabilité transférée vers les personnels, au détriment de leur santé et de celle des élèves. L’UNSA Éducation Bordeaux portera ces revendications dans toutes les instances académiques.
