Baisse démographique dans l’Education Nationale : le coup de gueule !
L’école qu’on nous prépare pour demain ne fait pas rêver, et pour accompagner tout cela, les éléments de langage sont déjà en place. Dans un article du Monde en date du 15 avril, notre ministre parle déjà d’une « nouvelle politique territoriale de l’école », d’une sorte de « socle de garantie minimale » ou encore de « contrat social d’accessibilité ». Alors je ne sais pas vous, mais moi, quand j’entends ce genre de formules, je ne suis pas rassuré. Au premier abord, ça sonne bien. C’est même presque rassurant… jusqu’au moment où on comprend que “socle minimal”, ça veut surtout dire : minimum. Et quand on commence à parler de “socle minimal”, c’est qu’on est en train de préparer le terrain pour enlever le reste. Bref, on se doute déjà qu’il va y avoir beaucoup de classes, voire des écoles et des EPLE, qui vont fermer.
Durant des années, on a bourré les classes avec des seuils de 30 élèves dans le second degré et de 25 dans le premier degré, pour éviter de recruter des personnels, toujours en prévision de cette future baisse démographique qui est aujourd’hui arrivée. Maintenant que les effectifs reviennent à la normale et que l’on pourrait enfin faire cours dans de bonnes conditions, avec des effectifs réduits (je ne parle pas de classes à 7 élèves, l’Éducation nationale ce n’est pas Acadomia, ce n’est pas une entreprise de cours particuliers), non, je parle de classes avec 15 élèves ou un peu plus, on nous dit : il faut fermer.
En clair, alors qu’on pourrait améliorer les conditions d’apprentissage, on choisit encore de retirer des moyens, ce qui dégrade une nouvelle fois de plus l’école et l’enseignement dispensé. Allons, il faut être raisonnable ! Mesdames et messieurs, vous ne voudriez tout de même pas que les élèves aient de meilleures conditions d’enseignement, que davantage d’entre eux réussissent leur scolarité et ensuite de meilleures chances d’obtenir un travail bien payé.
Une note de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, service statistique du ministère de l’Éducation nationale) de 2014, indique pourtant que la réduction du nombre d’élèves par classe améliore les résultats scolaires, avec par exemple une baisse des performances de l’ordre de 2,5 à 3 % d’écart-type pour chaque élève supplémentaire en primaire, un effet mesurable également au collège jusqu’à –1,4 point de probabilité de passage en classe supérieure en 6e. Un autre rapport de la DEPP daté de 2022 précise que c’est « la France qui présente Europe la taille moyenne de classe la plus élevée à l’école élémentaire et au collège.
Il est loin le temps où l’école était une priorité, et où le président ainsi que le premier ministre de l’époque rivaliser d’intervention dans les médias pour proposer des mesures comme autant de plan de communication sans lendemain.
Nos dirigeants parlent encore d’une école bienveillante, protectrice des valeurs de la République, mais quand il s’agit d’apporter des preuves concrètes et de mettre la main à la poche, il n’y a plus personne. Comme ces gens qui, la main sur le cœur, vous tiennent de beaux discours mais ne les appliquent pas quand il faut passer aux actes.
En réalité, ce ne sont pas les évolutions démographiques qui imposent ces fermetures de classes et ces suppressions de postes. Elles servent surtout de justification à une orientation politique qui vise à réduire la dépense publique, en faisant peser l’effort sur l’école plutôt que sur d’autres choix budgétaires.
Le déficit public ne trouve pas son origine dans la fonction publique d’État, dont les dépenses sont globalement encadrées, mais dans des politiques de soutien aux entreprises, souvent accordées sans condition suffisante ni évaluation réelle de leur efficacité.
Mais nos dirigeants s’en fichent : la plupart mettent leurs enfants dans le privé.
Baisse démographique… si vous voulez le fond de ma pensée, on est à une lettre de la vérité. Ce qui est un comble quand on sait qu’on parle ici d’une diminution de la natalité !
Cette carte scolaire qui est présenté comme une adaptation à la démographie se traduit donc concrètement par une réduction généralisée des moyens. Les établissements doivent fonctionner avec moins d’heures, moins de marges et moins de souplesse, alors même que les besoins restent élevés. Encore une fois ce n’est pas un ajustement, c’est une orientation budgétaire assumée. On ne s’adapte pas à la baisse des élèves, on s’en sert pour accélérer la baisse des moyens. Plus personne d’ailleurs ne parler d’améliorer l’école mais de l’adapter aux contraintes
