L’Abandon : récit d’un drame qui éprouve le collectif

Avec L’Abandon, Vincent Garenq signe un film d’une rare intensité, dont on ne sort pas indemne. Au-delà d’une simple reconstitution des faits, le réalisateur livre un film coup de poing. Pendant la projection, les spectateurs naviguent entre émotion et colère.

Un film fort mais équilibré

Cette fiction est avant tout marquée par une profonde lucidité. Elle s’appuie sur les enquêtes, les audiences judiciaires et le travail mené avec les proches de Samuel Paty,

Pendant près de deux heures, nous suivons fébrilement les onze derniers jours de Samuel Paty.

En effet, l’une des grandes forces du film est qu’il se refuse à chercher des coupables à tout prix. Il ne s’agit donc pas d’un film à charge ou d’un exercice de style militant. L’Abandon tente, au contraire, de comprendre, d’expliquer et de retranscrire la complexité de l’enchaînement qui a conduit à ce drame abominable.

Un film qui ne passe rien sous silence

C’est justement cette honnêteté intellectuelle qui donne tant de crédit au récit.

Le film montre avec précision la mécanique infernale qui se met progressivement en place. Un mensonge d’enfant, amplifié puis instrumentalisé par des adultes engagés dans des logiques islamistes radicales, finit par nourrir une spirale incontrôlable. L’emballement des réseaux sociaux, omniprésents dans le film, nous donne le sentiment presque suffoquant d’une vague irrépressible qui submerge peu à peu un homme définitivement seul.

Les manquements des institutions ne sont pas passés sous silence. L’Éducation Nationale comme les forces de l’ordre apparaissent parfois dépassées, passant à côté de certains signaux sans en mesurer immédiatement la gravité. Le long métrage ne néglige aucune facette de cette tragédie et montre aussi les divisions entre collègues, les hésitations, les incompréhensions. Malgré les soutiens à Samuel Paty, l’absence de front commun, de collectif uni, participe au malaise profond que laisse le film.

Un témoignage pour toute la communauté éducative

Par sa force et sa sobriété, L’Abandon apparaît comme une œuvre essentielle. Pour l’UNSA Éducation, ce film pourrait être visionné par l’ensemble des professionnels de l’éducation et au-delà. Ce film rappelle d’ailleurs l’importance essentielle du collectif. Aucun personnel de l’éducation (enseignant, CPE, AED, personnel administratif ou personnel de direction) ne devrait être laissé seul face aux pressions, aux menaces ou aux campagnes de désinformation.

Le SE-Unsa et le SNPDEN Unsa figurent parmi les partenaires du film qui mérite d’être vu. Pour notre fédération, cette œuvre participe à un nécessaire travail de mémoire et interroge notre capacité collective à protéger celles et ceux qui font vivre l’École, ses valeurs de liberté, de laïcité et de transmission des savoirs.

 

  Gageons que le guide pédagogique disponible sur le site zéro de conduite, (https://www.zerodeconduite.net/), site reconnu et spécialisé pour le cinéma à visée éducative, répondra aux attentes des collègues. Ce dossier concerne les élèves de la 4ème au lycée, il est évident qu’une telle démarche nécessite une préparation minutieuse tant le sujet demeure sensible et tant ce drame reste encore profondément présent dans nos consciences.

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