Depuis 1994, le dispositif « Ingénieurs pour l’école » (IPE) met à disposition à plein temps dans les académies des cadres d’entreprise expérimentés, pendant trois ans Ils mettent leur expérience au service du système éducatif. Ils restent salariés de leur entreprise et la réintègrent à la fin de la mission.

Ce dispositif est encadré par des conventions triennales, la dernière datant de novembre 2020.

Une cinquantaine d’IPE sont actuellement répartis en France. Les entreprises participantes sont : Air France, Airbus Group, Arian Group, EDF, Legrand, Orange, Schneider Electric, la SNCF, ST, Thales, TOTAL, SAFRAN et Michelin.

Marie Ros-Guezet a été enseignante, puis ingénieure. Aujourd’hui Déléguée Générale de l’Association IPE, elle répond à nos questions.

Quelles sont les missions de votre association ?

Notre mission est de permettre aux élèves des voies professionnelles et technologiques une insertion professionnelle réussie.
Nos « ambassadeurs » du monde économique, grâce à la grande variété de leurs parcours, compétences et réseaux, créent des passerelles entre les filières métiers et celles et ceux qui ne savent pas comment s’y prendre pour y accéder.

Concrètement, comment un chef d’établissement, un professeur, un directeur délégué aux formations peut faire appel à vous ?

Les IPE sont identifiés sur les sites académies, ainsi que sur Eduscol.
Les enseignants, chefs d’établissements, DDFPT, IEN, IA-IPR, les côtoient dans des groupes de travail académiques, et le bouche à oreille fonctionne.

L’égalité femme-homme dans vos métiers, c’est une préoccupation ? Comment agissez-vous pour qu’il y ait davantage de filles qui s’autorisent à envisager de faire une carrière technique?

Les IPE sont mobilisés pour susciter des vocations techniques auprès des jeunes filles, lors d’interventions dans les classes ou lors d’évènements spécifiques.
Ils rappellent toujours qu’il n’y a plus de métiers réservés aux hommes (ou aux femmes) et que tous sont accessibles.

Et au niveau des inégalités sociales, contribuez-vous à faciliter les voies d’accès pour les jeunes des milieux les plus populaires ?

L’égalité des chances fait également partie intégrante de l’ADN des IPE. Ils interviennent dans les milieux les plus défavorisés ou les plus éloignés des bassins d’emplois, pour changer les représentations, « ouvrir le champ des possibles », et multiplier les rencontres entre ces jeunes et des professionnels.


Qu’est- ce qui motive un ingénieur à mettre entre parenthèses sa carrière pour se mettre au service de l’éducation ?

Ce n’est pas une parenthèse mais une étape de leur parcours professionnel.
Tous veulent transmettre, aider, accompagner nos jeunes, donner envie et confiance, et ainsi leur permettre de bâtir leur avenir dans les meilleures conditions possibles.
Beaucoup veulent également redonner à l’Ecole ce qu’elle leur a donné : une orientation réussie et un beau parcours professionnel.

La liste des IPE par académie, ici :eduscol.education.contacts-et-liste-des-ingenieurs-pour-l-ecole