Visite du ministre de l’Education Nationale dans le Morbihan : l’UNSA Éducation Bretagne porte la voix de tous les personnels de l’académie
Cette rencontre était l’occasion de rappeler une évidence : derrière les statistiques de rentrée, les réformes et les annonces ministérielles, il y a des femmes et des hommes qui font fonctionner chaque jour le service public d’éducation.
Enseignants, AESH, AED, CPE, PsyEN, personnels administratifs, personnels de direction, inspecteurs, DDFPT, infirmiers et médecins scolaires, AS : l’UNSA Éducation Bretagne a porté leur parole.
Le Baromètre UNSA Éducation : les personnels ont parlé
Pour donner du poids à nos interventions, nous avons présenté les tous premiers résultats du Baromètre UNSA Éducation 2026 dans l’académie de Rennes, auquel un très grand nombre de personnels ont participé encore cette année.
Le constat est préoccupant : les personnels aiment leurs métiers, mais leur environnement professionnel les éloigne progressivement de ce qui leur donne envie de les exercer.
En dix ans, le sentiment d’être respecté et reconnu dans son travail a reculé de 9,4 points. Le sentiment de trouver du sens dans les missions a diminué de 11,1 points, tandis que la satisfaction concernant les conditions de travail a perdu 8,2 points. Et lorsqu’on demande aux personnels ce qu’il faudrait améliorer en priorité, 56,1 % citent le pouvoir d’achat, 43,5 % la charge de travail, 20 % la santé au travail et 19,3 % les relations hiérarchiques.
Ces résultats donnent une direction claire : l’attractivité ne se résume pas au recrutement. Il faut mieux rémunérer, mais aussi permettre aux personnels de travailler dans de meilleures conditions.
École inclusive : ne pas confondre baisse démographique et baisse des besoins
Le SE-Unsa Bretagne a alerté le ministère sur la réalité vécue dans les écoles. Les personnels font face à une accumulation de tâches, à une pression croissante et à des besoins d’élèves toujours plus importants, notamment en matière de troubles du comportement, de santé mentale et d’accompagnement des élèves en situation de handicap. La baisse démographique ne doit donc pas conduire mécaniquement à supprimer des moyens. Moins d’élèves doit permettre de redonner de l’air à l’École, pas de demander toujours davantage à ceux qui restent.
La situation des AESH, notamment les difficultés de recrutement et les délais d’accompagnement, a également été portée auprès de la délégation ministérielle. Nous avons demandé que les moyens permettent de répondre réellement aux besoins des élèves.
Le service vie scolaire, avec les CPE et les AED, joue lui aussi un rôle primordial dans les établissements. Présents au quotidien auprès des élèves, ils assurent bien plus que la simple surveillance : prévention, accompagnement, gestion des situations de crise, écoute et maintien d’un climat scolaire serein. Cette mission essentielle ne peut être assurée durablement avec des moyens insuffisants et une pression toujours plus forte sur les équipes.
Personnels de direction : une rentrée sous tension
Le SNPDEN-Unsa a fait remonter une autre réalité : celle de chefs d’établissement qui abordent cette rentrée avec un niveau d’exaspération et de tension particulièrement élevé. Nominations tardives des stagiaires, berceaux encore non attribués, moyens provisoires vacants, manque de réactivité des services académiques : autant de difficultés qui ont lourdement compliqué la préparation de la rentrée et empêché de nombreux personnels de direction de bénéficier d’un véritable repos estival.
À cela s’ajoute une forte incertitude budgétaire : délégation tardive des IMP, HSE, fonds sociaux et crédits pédagogiques, réduction du Pacte et baisse des moyens consacrés aux remplacements de courte durée. On ne peut pas demander aux équipes de direction d’assurer la continuité du service public tout en leur retirant les marges de manœuvre nécessaires pour y parvenir.
Le SNPDEN-Unsa a également alerté sur les conditions de mise en œuvre de nouvelles mesures, notamment l’interdiction du téléphone portable au lycée, dans un contexte où les moyens de vie scolaire sont déjà fragilisés.
La demande des personnels de direction est claire : de la visibilité, des moyens réels et une relation de confiance restaurée avec l’administration.
Santé scolaire : il faut agir avant qu’il ne soit trop tard
Le SNMSU-Unsa a rappelé que la situation de la médecine scolaire reste extrêmement fragile. Même si la Bretagne conserve encore une présence médicale convenable par rapport à d’autres académie, de nombreux territoires connaissent un déficit massif. La suppression de postes de secrétaires médico-scolaires, notamment en Ille-et-Vilaine, prive les médecins d’un soutien indispensable et les conduit à consacrer du temps médical à des tâches administratives.
Le SNIES-Unsa exprime le besoin urgent de davantage d’infirmier·e·s scolaires et des moyens à la hauteur des besoins des élèves, notamment en matière de santé mentale et de prévention. Il demande également une meilleure reconnaissance de leurs missions, de leur expertise et de leur rémunération, ainsi que le maintien d’une santé scolaire pleinement intégrée à l’Éducation nationale
Alors que les besoins en matière de santé mentale, de troubles du neurodéveloppement et de prévention des violences sont considérables, l’École ne peut pas se permettre de perdre ses médecins, ses infirmier·e·s, ses psychologues et ses assistant·e·s scociaux·ales. Le message adressé au ministre est sans ambiguïté : sans revalorisation de la grille indiciaire, les corps composant la santé scolaire à l’Éducation nationale sont menacés de disparition.
Administratifs : des personnels indispensables mais trop souvent invisibles
L’UNSA Education Bretagne a également rappelé que sans les personnels administratifs, rien ne fonctionnerait. Leur travail reste trop souvent invisible alors qu’ils assurent une part essentielle du fonctionnement quotidien des établissements, des services départementaux et de l’académie.
Nous avons également porté les questions de protection fonctionnelle, de respect de la vie privée, de confidentialité des données et de protection des agents confrontés aux mises en cause et aux attaques sur les réseaux sociaux. Le syndicat A&I-Unsa a remis à la délégation ministérielle une liste concrète de mesures applicables facilement, et à moindre coût, qui amélioreraient de façon notable les conditions de travail des personnels administratifs.
Santé, sécurité et conditions de travail : l’employeur doit anticiper
Les épisodes de chaleur extrême vécus en Bretagne ces derniers mois ont également été évoqués. Pour l’UNSA Education Bretagne, l’engagement et la capacité d’adaptation des personnels ne peuvent pas devenir la variable d’ajustement permanente de l’administration. Nous avons demandé une véritable anticipation des épisodes climatiques extrêmes : identification des locaux à risque, adaptation des horaires et des organisations, développement du télétravail lorsque cela est possible, équipements adaptés et plan académique de continuité d’activité. Protéger les agents n’est pas une faveur : c’est une responsabilité de l’employeur.
Cette audience a permis de faire entendre une parole collective et concrète. Le rôle de l’UNSA Education Bretagne est précisément celui-là : écouter les personnels, analyser leurs remontées, rassembler les expertises de ses syndicats et porter leurs revendications directement auprès de ceux qui prennent les décisions.
Le Baromètre nous donne la parole de milliers de personnels. Nos syndicats affiliés nous permettent d’y ajouter l’expertise du terrain et la connaissance précise de chaque métier. Cette audience ministérielle en est une illustration concrète. Nous ne nous contentons pas de constater. Nous alertons. Nous proposons. Nous interpellons. Et nous suivons les réponses. Notre fédération fait du dialogue social un outil d’action et qui porte la voix de tous les personnels, dans leur diversité.
Vos réalités. Nos revendications. Notre action.
