[POITIERS]Élèves en grande souffrance : face au silence de l’ARS, nous interpellons les préfets !
Le 31 mars dernier, l’UNSA Éducation de l’académie de Poitiers interpellait publiquement l’ARS Nouvelle-Aquitaine sur la situation d’enfants et d’adolescents en grande souffrance qui, faute de soins ou de places dans des structures adaptées, restent accueillis dans les écoles et établissements sans prise en charge adaptée. Plus de cinq mois après, notre interpellation reste sans réponse. Ce silence n’est pas acceptable.
La lettre ouverte du 31 mars n’est d’ailleurs pas une interpellation isolée : l’UNSA Éducation avait en amont multiplié les démarches pour faire entendre l’urgence de la situation, en demandant notamment la présence de l’ARS en F3SCTD, en portant les alertes lors de ses audiences auprès des DASEN et des recteurs, et en mobilisant les personnels, notamment par une pétition sur la santé mentale des jeunes.
Les enfants ont droit aux soins dont ils ont besoin, leurs familles à des réponses et les personnels à ne plus être laissés seuls.
Nous défendons résolument l’inclusion, mais accueillir à l’école sans soins, ce n’est pas de l’inclusion. Les personnels ne peuvent pallier les carences du système de soins : si l’École peut avoir un rôle thérapeutique, elle n’est pas thérapeute.
Les inégalités territoriales renforcent l’urgence. Pour les ITEP, le taux d’équipement est de 1,6 place pour 1 000 jeunes en Nouvelle-Aquitaine, contre 1,0 en Charente, 1,1 en Charente-Maritime, 1,1 dans les Deux-Sèvres et seulement 0,7 dans la Vienne. Derrière ces chiffres, il y a aussi les listes d’attente, les délais d’accès aux soins et, surtout, des enfants sans solution.
Face à cette situation devenue intenable, nous avons adressé un Courrier le 2 septembre aux préfets des 4 départements de notre académie ainsi qu’à la préfète de région afin qu’ils interviennent auprès de l’ARS. Nous demandons un état des lieux précis des besoins et des capacités, une comparaison transparente de l’offre entre les douze départements de Nouvelle-Aquitaine et la réunion rapide de l’ensemble des acteurs concernés.
Défendre l’inclusion, c’est refuser qu’elle soit dévoyée : l’accès aux soins est un droit.
