[POITIERS] Communiqué de presse de rentrée
Si ce communiqué ressemble à celui des années précédentes, nous en sommes attristés mais n’en soyez pas si surpris.
Notre Baromètre 2026, auquel ont répondu une nouvelle fois 1 300 personnels de l’académie, confirme un décrochage préoccupant : en dix ans, le sentiment d’être respecté et reconnu au travail recule de 13,6 points et 86,7 % des répondants considèrent que les choix politiques faits depuis dix ans ne sont pas les bons.
D’abord, reconnaître les personnels, c’est les rémunérer à la hauteur de leur engagement et de leurs missions. Ce n’est pas un hasard si 58,9 % placent le pouvoir d’achat parmi les priorités pour améliorer leur quotidien. La perte de pouvoir d’achat et la précarité qui touche toujours plus d’agents fragilisent les personnels, nos métiers et leur attractivité. Le 29 septembre, l’UNSA Éducation sera mobilisée pour porter l’exigence d’une véritable reconnaissance salariale et combattre la précarité.
Mais la reconnaissance passe aussi par le respect de la santé et de la sécurité au travail. Prévenir les risques professionnels, protéger et accompagner les personnels ne relèvent pas d’une option : c’est une obligation de l’employeur. L’État doit appliquer à lui-même ce qu’il exige des employeurs privés. Il doit se montrer exemplaire. Face à l’épuisement professionnel, aux accidents du travail et à un service de médecine du travail sous doté, nous exigeons des actes. Bien rémunérer, protéger et permettre à chacun de travailler dans de bonnes conditions participent d’une même exigence : respecter les personnels.
À l’heure de la rentrée, l’UNSA Éducation de l’académie de Poitiers porte une conviction forte : de meilleures conditions pour nous, c’est une meilleure Éducation pour eux. Prendre soin des personnels, c’est aussi leur donner les moyens de mieux accompagner chaque élève et de faire vivre pleinement notre ambition éducative.
Et il y a urgence pour les élèves en grande souffrance. Nous défendons pleinement l’inclusion, mais elle ne peut masquer le manque de soins et de structures adaptées. Si l’École peut avoir un rôle thérapeutique, elle n’est pas thérapeute. Elle ne peut pas remplacer le soin. Après des mois d’alertes, nous attendons des réponses concrètes de l’ARS et des pouvoirs publics. Le silence n’est plus acceptable.
Ensuite, canicule et baisse démographique nous imposent enfin d’apprendre à anticiper, à nous projeter dès maintenant. Il ne s’agit ni de gérer l’urgence chaque été, ni de répondre mécaniquement à la déprise démographique par des ajustements de poste annuels. Bâtiments, horaires, transports, réseau des écoles et établissements, offre de formation : construisons maintenant l’École de demain, en croisant les expertises des personnels, de l’État, des collectivités et des acteurs des territoires.
Des filières administratives à celles du médico-social, des personnels d’encadrement, d’éducation et d’accompagnement jusqu’aux enseignants, l’enjeu est le même : libérer du temps pour le travail collectif et redonner du sens à nos missions. Un guide de 40 pages envoyé sur les boites mails ne constitue ni un objet de formation continue ni un outil partagé collectivement.
En cette rentrée, l’UNSA Éducation sera pleinement mobilisée : alerter, proposer, négocier et obtenir, avec une ligne claire : humaniste par conviction, constructive par méthode.
