[LIMOGES] Dotations horaires : l’équivalent de 400 postes en heures supplémentaires dans l’académie de Limoges. Et si nous parlions enfin des moyens ?
Alors que le ministre de l’Éducation nationale annonce la mobilisation en urgence de 3 000 titulaires sur zone de remplacement (TZR) pour répondre aux difficultés dans les lycées, les chiffres présentés au CSAA du 15 octobre interrogent sur la gestion des moyens d’enseignement.
Dans l’académie de Limoges, 7 351 heures supplémentaires annuelles (HSA) sont inscrites dans les dotations des établissements, soit l’équivalent théorique de plus de 400 services d’enseignants à temps plein !
Une part considérable des moyens consacrée aux heures supplémentaires
Les HSA représentent 10,26 % des dotations horaires de l’académie, une proportion qui atteint 14,28 % dans les lycées généraux et technologiques, contre 8,06 % dans les collèges.
Certains établissements dépassent même les 18 %, comme les lycées Turgot à Limoges (18,84 %) et Raymond-Loewy à La Souterraine (18,40 %).
Bien entendu, ces heures ne pourraient pas être mécaniquement transformées en 400 postes, compte tenu de leur répartition entre les disciplines et les établissements. Mais leur volume pose une véritable question politique : pourquoi une part aussi importante des besoins permanents d’enseignement repose-t-elle sur des heures supplémentaires plutôt que sur des emplois pérennes ?
Les TZR ne sont pas une variable d’ajustement !
Dans le même temps, le ministère annonce la mobilisation de milliers de TZR déjà en poste, sans création d’emplois supplémentaires. Cette réponse ponctuelle ne saurait remplacer une véritable politique de recrutement et de remplacement, anticipant les besoins par discipline et par territoire.
Les HSA et les moyens de remplacement répondent à des besoins différents, mais leur gestion soulève une même question : celle des moyens humains réellement consacrés au service public d’éducation.
L’UNSA Éducation Limousin a également rappelé au CSAA les difficultés rencontrées par certains TZR, auxquels sont parfois confiées des tâches ne correspondant ni à leurs qualifications ni à leurs missions réglementaires.
Nous avons demandé au rectorat l’élaboration d’un vade-mecum à destination des personnels de direction, afin de clarifier les missions des TZR, de rappeler leurs droits et leurs obligations et de mettre fin aux pratiques qui sortent du cadre réglementaire.
Des moyens pérennes plutôt que des réponses dans l’urgence
Pour l’UNSA Éducation, les chiffres présentés au CSAA doivent conduire à une réflexion sur la répartition des moyens. Nous demandons que les besoins structurels d’enseignement soient davantage couverts par des heures-postes, que les capacités de remplacement soient renforcées et que les missions des TZR soient pleinement respectées.
Alors que les élèves réclament des enseignants devant leurs classes, il est temps de dépasser les effets d’annonce pour engager une véritable politique de l’emploi dans l’Éducation nationale.
Nous continuerons à défendre ces exigences dans les instances académiques et invitons les collègues, notamment les TZR confrontés à des difficultés dans leurs missions ou leurs affectations, à nous contacter.
