Quel projet pour la jeunesse?

On leur a demandé de lever le nez de leurs smartphones. Ils l’ont fait. Ils ont regardé leurs établissements, leurs conditions d’études, l’avenir qui leur était proposé. Ils se sont parlé. Ils se sont organisés. Ils se sont mobilisés. Il faut prendre cette parole au sérieux. Un éditorial signé Morgane Verviers.

Il faut aussi être parfaitement clair sur les violences. Menacer, intimider ou blesser un personnel est inacceptable. Aucune revendication ne le justifie. Nous n’acceptons aucune ambiguïté sur ce sujet. Notre lettre aux personnels des collèges et lycées publiée la semaine dernière exprime notre solidarité et notre exigence de protection. Ce climat est lourd, et peut se manifester dans d’autres contextes. Nous pensons particulièrement aux collègues blessés au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne et à toute la communauté éducative.

Cette fermeté doit aller de pair avec l’écoute. Les violences ne peuvent effacer les questions posées par les jeunes. Une jeunesse qui s’organise et qui cherche à peser sur son avenir est une force pour notre démocratie. Nos élus doivent l’entendre.

Nous ne reprenons pas toutes les revendications du mouvement. Mais certaines rejoignent ce que nous défendons depuis des années : des personnels en nombre suffisant, des remplacements assurés, moins d’inégalités, des bâtiments adaptés et une anticipation des effets du réchauffement climatique. Les conditions d’études des jeunes et les conditions d’exercice des personnels se rencontrent sur ces sujets. Nous soutenons ces revendications, dans le respect de l’indépendance du mouvement.

Cette impatience ne nous surprend pas. Nous avons alerté. Nous avons proposé.

Hier, le 13 octobre, nous avons exprimé ce soutien et rappelé nos exigences. Les personnels ont besoin de meilleures conditions de travail. Ils refusent une intensification permanente de leurs tâches. Ils attendent une reconnaissance de leurs métiers et une revalorisation. Ils veulent aussi que les réformes se construisent avec eux. Leur expérience doit compter. Ils doivent pouvoir faire un travail de qualité et disposer des moyens nécessaires.

La responsabilité de l’exécutif est désormais de permettre une issue politique. Les personnels ne peuvent être laissés seuls face aux tensions. Ils risquent de devenir le réceptacle d’une colère dont les réponses relèvent des pouvoirs publics.

Le budget 2027 sera un rendez-vous décisif. Il devra répondre aux difficultés connues, aux défis actuels et aux besoins de demain. La part du PIB consacrée à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à la recherche doit être au cœur du débat. Elle dit la place que notre pays accorde à sa jeunesse.

Nous alertons aussi sur les reculs de la santé, de la prévention et de l’accompagnement social. Leurs conséquences se vivent chaque jour dans les établissements et les universités. Les personnels du système éducatif ne peuvent compenser seuls le sous-investissement dans les autres politiques publiques. On ne peut pas leur demander de tout prendre en charge, puis les laisser sans réponse.

Au fond, c’est un choix de société. Soit chacun se débrouille avec ce qu’il a. Soit nous assumons une responsabilité collective pour permettre à chacun de grandir, d’apprendre et de construire sa vie. La promesse républicaine engage cette responsabilité. Elle perd son sens lorsque l’avenir d’un jeune dépend d’abord des ressources de sa famille ou de l’endroit où il grandit.

L’UNSA Éducation continuera à porter cette exigence, à défendre les personnels et à demander des réponses concrètes. Avec deux questions que nous voulons placer au cœur du débat : quel projet notre pays porte-t-il pour sa jeunesse ? Et quels moyens est-il prêt à consacrer à l’ensemble des personnels qui travaillent auprès d’elle ?

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14 octobre 2026  -  National
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