Audience avec le recteur avec le bâti scolaire et le questionnaire VSS à l’ordre du jour
Bâti scolaire et changement climatique
En introduction, nous avons partagé les résultats de notre enquête menée auprès des collègues pendant les épisodes caniculaires de la fin d’année dernière. 81 % des répondants ont indiqué ne pas avoir pu exercer leurs missions dans des conditions acceptables, un quart estimant que ces conditions de travail ont mis leur santé en danger.
L’Unsa Éducation demande un groupe de travail sur le sujet. Nous demandons également la communication par le rectorat de la liste des 70 établissements prioritaires sur l’académie qui doivent recevoir une aide d’au moins 10 000 euros, ainsi que les critères d’établissement de cette liste. Nous avons également fait part de notre inquiétude d’un éventuel coup de rabot de 40 millions d’euros dans l’enveloppe prévue par le gouvernement dont Le Monde s’est fait l’écho.
Réponse du recteur : cette liste est une demande de l’administration centrale. Il s’agit d’établissements en urgence absolue, donc ceux fermés du premier au dernier jour de la canicule. Des établissements ont également demandé, avec la collectivité, une aide pour acheter des climatisations mobiles (400 euros d’aide par appareil, soit les deux-tiers du coût, dans la limite de 10 appareils par établissement). Ces dispositifs s’ajoutent au programme Edurenov. Le recteur n’a pas d’information sur une éventuelle amputation du budget. Ce sujet implique un grand nombre d’interlocuteurs dans les collectivités. Il n’a pas encore un regard d’ensemble sur toutes les communes, vu le nombre d’interlocuteurs, et pour les climatisations mobiles, il s’agit d’une plateforme nationale. L’information est descendue dans les collectivités, mais le rectorat n’a pas encore toutes les remontées. Par ailleurs, le service de prévention est renforcée avec un agent missionné pour répondre aux collectivités.
Pour l’Unsa Éducation, il est urgent d’agir. L’entrée dans les mois plus froids de l’année ne résout pas le problème de fond dont nous connaîtrons invariablement de nouveaux épisodes.
Questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles
L’Unsa Éducation partage pleinement l’objectif de mieux repérer les VSS et de libérer la parole des élèves. Cependant , nous avons fait part au recteur de notre inquiétude sur les conditions concrètes d’un déploiement national d’un questionnaire pour les élèves sur ce sujet. Le ministre a parlé d’un « séisme » à venir. Dans l’académie, l’Éducation nationale transmet déjà chaque année 4 300 informations préoccupantes et signalements. Or les personnels de santé, psycho-sociaux sont déjà en nombre insuffisants, notamment dans le premier degré. Le recteur est-il prêt à demander un report de ce questionnaire ? Quels moyens supplémentaires vont être déployés dans l’académie ?
Le recteur a indiqué que s’il ne peut rendre publique sa position, il a, comme tous ces homologues, un rôle de conseil auprès du ministre. Le rectorat est en attente d’informations nationales sur un certain nombre de questions. Cette année a vu la création de 21 postes de psyEN, d’assistants sociaux supplémentaires sur l’académie. Le recteur est conscient que ce n’est pas suffisant mais y voit une cohérence. Le rectorat a commencé à travailler avec la Protection judiciaire de la jeunesse, le parquet. « On avance sur la structuration pour fluidifier les choses mais le flux représente une interrogation », indique-t-il.
L’Unsa Éducation a rappelé que les compétences des différentes catégories de personnel ne sont pas interchangeables : tous les agents ne sont pas en capacité de mener des entretiens individuels. Si une parole se libère sans être prise en charge, cela ajoute un traumatisme au traumatisme.
Ruralité et baisse démographique
La baisse démographique touche de plein fouet notre territoire. L’Unsa Éducation est attachée à ce qu’un maillage scolaire de qualité, qui garantisse l’égalité de moyens et de conditions d’enseignement, soit assuré. Quelle est la stratégie académique ?
Le recteur explique que les prévisions font état d’une baisse de 65 500 élèves sur dix ans. Il a souhaité que les services puissent travailler de manière pluriannuelle sur la carte scolaire, ce qui a abouti à l’expérimentation dont l’Indre fait partie. Il n’a pas de modèle a priori : « J’attends que l’on me permette d’étendre l’expérimentation de l’Indre à toute l’académie. » Souci permanent de l’équité, de l’impartialité, qui garantit que l’institution scolaire ne soit pas en prise avec les soubresauts politiques.
Les autres points
Recrutement et fidélisation des AESH. Le recteur affirme que le déploiement des PAS entraîne une baisse des notifications (-10 % en Eure-et-Loir), la prise en charge par une équipe disciplinaire permettant de ne pas faire basculer des élèves dans le champ du handicap. 70 % du territoire est couvert par les PAS, avec un objectif de 100 % à la prochaine rentrée. Il existe des pistes pour la fidélisation des AESH sur le territoire. L’académie dispose cette année de 25 ETP pour les AESH en plus, principalement recrutés dans le Loiret.
Affectation tardive des enseignants stagiaires dans le 2D. Les services ont terminé le 29 juillet, ce qui n’est confortable pour personne, en raison du double concours qui se tiendra encore cette année.
Gestion des remplacements dans le 2D (manque de viviers, difficultés à avoir des réponses). Les services du rectorat se disent conscients du sujet, mais estiment progresser. Les difficultés se concentrent sur certains territoires et certaines disciplines. Il y a eu un manque humain sur la cellule de rentrée.
Recrutement des secrétaires généraux dans les établissements, avec des postes vacants et les difficultés engendrées par les contractuels qui terminent leur contrat en mai. Les sortants d’IRA sont affectés au 1er juin. Sur les EPLE, pratiquement tous les postes sont occupés.
*La délégation de l’Unsa Éducation était composée d’Agnès Rose-Da Costa (Unsa Éducation), Yasmine Alloui (SNASEN-Unsa), Magalie Cristofoli (SNIES-Unsa), Cyrille Pascaloux (SE-Unsa), Antoine Tresgots (SNPDEN-Unsa), Yannick Cordonnier (A&I-Unsa), Bertrand Jaigu (SNAPS-Unsa)
