Que recherchez vous ?

Mots fréquemment recherchés sur le site :
syndicatL’Éduc’Magbaromètre UNSA

Que recherchez vous ?

Mots fréquemment recherchés sur le site :
syndicatL’Éduc’Magbaromètre UNSA

thematique-decryptages-2
La réussite des étudiantes et étudiants inscrits en licence
Publié le 13 décembre 2022
Cet article se base sur les résultats de la session 2021. Chaque année, les formations de licence accueillent autour de 170 000 nouveaux étudiants et étudiantes —hors doubles inscriptions en classes préparatoires, sections de techniciens supérieurs (STS) et bachelors universitaires de technologie (BUT). Les licences sont des formations de premier cycle hébergées par les universités et restent, à l’exclusion de quelques mentions particulières, les seules à être non sélectives.
archive-actualites-analyses-decryptages

L’enjeu pour les universités est d’accompagner vers la réussite au diplôme le plus grand nombre d’étudiantes et étudiants et de leur permettre de devenir des citoyens responsables et des professionnels accomplis. Ainsi, et afin d’objectiver le fonctionnement de ces formations, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) présente, tous les ans, les statistiques[1] des cohortes d’étudiants qui concernent leur parcours et le taux d’obtention du diplôme (en 3 ou 4 ans) mais aussi, leur catégorie socioprofessionnelle, leur baccalauréat d’origine, leur répartition genrée, etc.

Cette compilation de données et statistiques est utile et doit être regardée avec intérêt. Cependant, il convient de le faire en conservant du recul et en tenant compte de l’ensemble des caractéristiques de l’enseignement supérieur français pour ne pas tirer des conclusions hâtives, voire délétères. Nous rappelons donc ici, notamment, que les licence universitaires sont, sauf cas très particuliers, les formations les moins bien dotées de l’enseignement supérieur[2] ; qu’elles ne sont pas sélectives et se retrouvent être malheureusement encore souvent un choix par défaut de nombreux néo-bacheliers ; qu’elles accueillent des jeunes en difficultés scolaires et sociales[3] avec peu de moyens pour les accompagner ; que certaines mentions reposent sur des disciplines complètement inédites pour les nouveaux bacheliers.

Combien d’inscrits obtiennent un diplôme : résultats de la session 2021 (cohorte 2017)

Ces nouvelles statistiques parues portent sur le parcours des étudiantes et étudiants qui ont intégré une licence en 2017. Sur le premier graphique sont ainsi représentées les évolutions globales (gauche) et genrées (droite) de la réussite en 3 et 4 ans pour l’ensemble des inscrits des cohortes de 2009 à 2017.

On observe que la réussite en 3 ans augmente faiblement mais régulièrement depuis 2009 pour atteindre 32,4% ; il en va de même pour celle en 4 ans qui atteint pratiquement 46% pour la dernière session. L’augmentation plus marquée de la réussite pour cette dernière session est, pour le ministère, en partie corrélée à la pandémie et ses conséquences en 2019. Cependant, de notre côté, nous pouvons douter d’un effet “positif” sur la réussite du premier confinement, autrement dit, douter qu’il y ait eu une baisse d’exigence dans le contexte sanitaire d’alors, car nous n’observons pas de saut sur la réussite en 3 ans de la cohorte de 2016. Cette progression de la réussite semble donc bien structurelle et devra être confirmée l’an prochain pour définitivement évacuer les aspects conjoncturels.

Si l’on note bien cette évolution positive de la réussite, il faut tout de même relativiser celle-ci vis-à-vis des objectifs souhaités pour notre jeunesse. Moins d’un inscrit sur deux réussit à obtenir sa licence en 4 ans, c’est trop peu. L’État doit donner à ses opérateurs et ses agents les moyens d’accompagner vers la réussite le maximum d’étudiantes et d’étudiants pour ne pas voir plus de la moitié des inscrits ne pas obtenir de diplôme. En aucun cas, l’amélioration du taux de diplomation ne doit conduire à une baisse des exigences de la Licence, mais au travers de taux d’encadrements plus favorables, de parcours de remédiation et de compléments pédagogiques pour les étudiants les plus en difficultés, de suivis davantage personnalisés, etc. Les graphiques à droite montrent les taux de réussite par genre. On constate que les étudiantes réussissent beaucoup mieux que les étudiants. Ainsi, un peu plus de  51% d’entre elles obtiennent un diplôme de licence en 4 ans, soit près de 6 points de plus que la moyenne et plus de 13 points de plus que les hommes. Cette différence entre les genres est considérable et la réussite en 3 ans des étudiantes est pratiquement celle des étudiants en 4 ans.

Lire la suite

Influence de la classe sociale et du type de baccalauréat sur la réussite des étudiants

Les données produites par le ministère permettent également de mesurer l’influence de la classe sociale et de la mention du baccalauréat (avant sa dernière réforme) sur la réussite des étudiantes et étudiants. Le second graphique permet d’illustrer ces statistiques.

Il saute aux yeux que la catégorie sociale est déterminante dans la réussite des étudiants. La catégorie « très favorisée » approche les 55% de réussite au diplôme en 4 ans, contre moins de 38% pour les inscrits qui sont issus d’un milieu social défavorisé. Or, comme le montre la répartition des inscrits par catégorie sociale, il y a peu ou prou autant d’étudiantes et d’étudiants appartenant à la catégorie très favorisée que défavorisée. La France peine là encore à compenser les inégalités sociales et à permettre à nos jeunes concitoyens de s’affranchir de leur milieu d’origine.

La réussite des inscrits en licence est également très fortement corrélée à la mention du baccalauréat qu’ils ont obtenu. Ainsi, lorsqu’ils existaient encore, les étudiants disposant d’un baccalauréat général : littéraire, économique et scientifique réussissent en moyenne 3 fois plus que ceux ayant obtenu un baccalauréat technologique ou professionnel. Cependant, il est à noter que les bacheliers des mentions technologique ou professionnelle sont bien moins présents en licence que ceux issus d’un baccalauréat général. Malgré cela, les universités devraient être dotée des moyens suffisants pour accompagner ces jeunes, d’autant plus que certains doivent cumuler les difficultés sociales à celles scolaires.

Lire la suite

Que peut-on en conclure ?

En 2007, les pouvoirs publics annonçaient la mise en œuvre du Plan réussite en licence (PRL) pour donner plus de moyens aux universités et améliorer le taux de réussite des étudiants via des programmes d’accompagnement. Le PRL avait des objectifs très ambitieux : diviser par deux le taux d’échec en première année de licence en 5 ans ; atteindre l’objectif de 50 % d’une classe d’âge au niveau licence en 2012 (stratégie de Lisbonne) ; faire de la licence un diplôme professionnel. Les résultats de ce plan ne furent pas significatifs et même décevants[4] en partie car, dans un contexte de rigueur budgétaire accentuée par l’autonomie financière des universités qui se déployait au même moment, les fonds alloués par le PRL ont été attribués de manière limitée aux objectifs assignés[5]. En 2018, une nouvelle loi est votée avec pratiquement les mêmes objectifs : la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, dites loi ORE[6]. Cette loi était porteuse de moyens supplémentaires et visait également, notamment par l’introduction de parcoursup, d’heures dédiées en terminale, d’un deuxième professeur principal, à une meilleure orientation des néo-bacheliers.

Comme nous venons de le voir au travers des dernières données relatives à la réussite étudiante, les attentes demeurent et notre enseignement supérieur n’arrive pas à faire croître de manière significative la part des inscrits qui obtiennent leur diplôme de licence en 4 ans. L’année prochaine, les statistiques de réussite porteront sur les premières cohortes rentrées après la promulgation de la loi ORE. Ces données sont donc très attendues afin de mesurer si les choix et les moyens soutenus par cette loi sont adaptés et ont des effets significatifs sur la réussite des étudiantes et étudiants. Il est malheureusement à craindre que cela reste marginal tant les problématiques structurelles de financement, d’encadrement, d’orientation et de lien entre le pré- et post-bac ne sont que très partiellement traitées par la loi ORE.


Lire la suite

À LA UNE

Capture d’écran 2023-01-25 à 11.59.49
Retraites : une réforme préoccupante pour les femmes
Capture d’écran 2023-01-24 à 14.21.38
Le sexisme persiste malgré les avancées en matière d'égalité
UNSA ASSETEC INTERVIEW 2
La technologie au collège : une mutation permanente
retraite
2 millions le 19 janvier et le 31 on fait plus encore !
Capture d’écran 2023-01-25 à 11.59.49
Retraites : une réforme préoccupante pour les femmes
Capture d’écran 2023-01-24 à 14.21.38
Le sexisme persiste malgré les avancées en matière d'égalité
UNSA ASSETEC INTERVIEW 2
La technologie au collège : une mutation permanente
retraite
2 millions le 19 janvier et le 31 on fait plus encore !

SELECTIONNÉS POUR VOUS

pexels-stanley-morales-1454360
Affectation dans le supérieur : un bref historique
26 janvier 2023 - National
La volonté politique de former la plus grande partie de la jeunesse au niveau baccalauréat (objectif de 80% d’une classe d'âge énoncé en 1985 ...
book-1171564_1280
Comment remettre les savoirs au centre du débat éducatif ?
26 janvier 2023 - National
Le CICUR (Collectif d’Interpellation du Curriculum) fait le constat que les savoirs enseignés à l’École ne sont pas conçus pour jouer un rôle ...
cop15-presidence-accord
COP sur la biodiversité à Montréal : qu'en retenir ?
24 janvier 2023 - National
Le 19 décembre 2022 a eu lieu la COP15 de Montréal. Les ministres de près de 200 pays ont réussi à aboutir à un accord mondial sur la biodiver...
UNSA ASSETEC INTERVIEW 2
La technologie au collège : une mutation permanente
20 janvier 2023 - National
C’est sans aucun doute la discipline du collège ayant le plus évolué depuis 30 ans. Les plus ancien·ne·s d’entre nous se souviendront d’un por...
retraite
2 millions le 19 janvier et le 31 on fait plus encore !
20 janvier 2023 - National
Après la mobilisation réussie du 19 janvier avec plus de 2 millions de personnes dans la rue, la prochaine journée de grève et de mobilisation...
Fiches Baro 2022 - 03_pages-to-jpg-0001(1)
Vous aimez les chiffres ? Accédez à l’ensemble des résultats du baromètre UNSA par métier, âge et territoire
23 mai 2022 - National
Comme chaque année, l'UNSA Éducation vous propose d'accéder à l'ensemble des chiffres de l'enquête pour prendre en compte les situations parti...
En lien avec l'actualité
Nos expressions
Agir avec vous
Analyses et décryptages
Baromètre : enquête annuelle
Nos dossiers

Recevoir la newsletter

Votre adresse de messagerie sera uniquement utilisée pour vous envoyer la lettre d’information de l’UNSA Éducation. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter.

Conformément aux dispositions du RGPD et de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, d’interrogation, de portabilité, de rectification et d’effacement des données vous concernant. Pour toute question concernant vos données, leur usage, l’exercice de vos droits, veuillez contacter notre responsable du traitement : dpo@unsa-education.org, en précisant dans l’objet du courriel « droit des personnes ».

LIMITES, CONFIDENTIALITÉ, INFORMATIQUE ET LIBERTÉS
Ce service d’information est un service gratuit. Il est assuré sans garantie et peut-être interrompu à tout moment sur simple décision de l’UNSA Éducation. L’UNSA Éducation se réserve le droit de confirmer ou refuser sans justification toute demande d’abonnement, de suspendre ou supprimer tout abonnement sans préavis. L’inscription ne donne aucun droit, contractuel ou non contractuel, vis-à-vis de l’UNSA Éducation. Les adresses électroniques ou autres informations contenues dans les messages adressés ne seront pas transmis à des tiers. Les organisations affiliées à l’Unsa et leurs différentes structures ne sont pas considérées comme des tiers. Pour les demandes individuelles, les cas particuliers, les questions touchant à la vie syndicale et/ou professionnelle, il est préférable de s’adresser directement à l’UNSA Éducation à cette adresse : national@unsa-education.org. Le droit d’accès, suppression, rectification s’exerce auprès du secrétaire général de l’UNSA Éducation, site internet, UNSA Éducation 87 bis avenue Georges Gosnat, 94853 Ivry sur Seine Cédex ou par courrier électronique auprès du secteur communication à cette adresse : communication@unsa-education.org.

Que recherchez vous ?

Mots fréquemment recherchés sur le site :
syndicatL’Éduc’Magbaromètre UNSA

Qui sommes
nous ?

Nos
syndicats

Contact
de proximité

Centre de
recherche ?