Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) du 12 mai (matin) a été consacré à un point d’information et échange autour des mesures d’urgence prises dans le cadre de l’épidémie de covid-19

Depuis le 11 mai, nous sommes dans un déconfinement progressif. Sup’Recherche – UNSA au nom de l’UNSA Éducaton tient à rappeler que cette reprise partielle des activités universitaires est à la fois attendue et redoutée par les personnels.

Attendue, car pour certains le travail à distance ne permet pas de remplir toutes les missions et tâches que l’agent doit assurer. L’isolement, la distance physique qui est imposée, rend le travail plus complexe. Cela sans compter la dimension psychologique liée à l’isolement.

Crainte : beaucoup se demandent comment sera assurée la sécurité sanitaire dans les établissements de l’ESR, mais aussi, et surtout dans les transports pour se rendre sur son lieu de travail.

La protection des collègues

La priorité doit donc être donnée aux mesures de protection à mettre en place pour la réouverture des établissements et aux moyens nécessaires pour l’assurer (nettoyage des locaux, équipements de protection individuelle …).

Depuis le début du confinement, les personnels ont dû assurer une continuité pédagogique, administrative et technique auxquels peu étaient préparés. Il ne faut pas que le déconfinement se déroule dans les mêmes conditions qu’il s’agisse des universités ou des CROUS. S’agissant de la conduite du réseau CROUS dans son ensemble, les chemins pour aller à l’essentiel n’ont pas toujours été empruntés spontanément. Les impératifs politiques et de communication ont semblé prédominer et ont donné lieu à des décisions et des attitudes dont le pragmatisme n’a pas toujours été décelé sur le terrain.

Nos syndicats de l’ESR ont depuis longtemps pris position en faveur du télétravail dans un cadre règlementaire précis avec la mise en place de charte qui définit les obligations respectives des employeurs et des personnels dans le respect des textes (conditions de travail, sécurité, équipements fournis…). Force est de constater que ce qui a été mis en place dans nos établissements est davantage du « travail à distance » que du télétravail tel que les textes le prévoient. Nous avons donc encore à progresser dans ce domaine puisqu’il est prévu que les personnels qui peuvent continuer à exercer leurs missions à distance doivent continuer à le faire jusqu’à la fin de l’année universitaire.

Lors de ce CNESER, Sup’Recherche – UNSA au nom de l’UNSA Éducaton est intervenu sur la sortie du confinement à court et moyen terme :

Concernant la recherche, il va être possible qu’un « laboratoire puisse envisager la reprise d’une expérimentation en présentiel ». Nous demandons que la reprise des activités en présentiel ne soit pas liée stricto sensu à l’exercice d’une activité matérielle à réaliser. L’interaction en présentiel est indispensable dans l’encadrement doctoral. Notamment lors des moments d’ajustement voire de réorganisation du manuscrit. Il y a une souvent une dimension émotionnelle à prendre en compte et à gérer ce qu’une visioconférence ne peut permettre. Pour nous demandons que soient mis à disposition quelques locaux – parfaitement sécurisés sur le plan sanitaire – ceci pour éviter des réunions de travail “sauvages” en dehors des campus.

Les activités d’enseignement arrivent à leur terme. Nous avons demandé :

Pour les personnels :

Préparer la rentrée de septembre 2020

Il faut préparer dès maintenant la rentrée de septembre afin qu’elle se déroule dans d’aussi bonnes conditions que possible compte tenu de la situation. Ayant appris par la presse (une fois encore) que madame la Ministre avait “demandé aux établissements de prévoir que les cours magistraux puissent être offerts à distance“, et qu’“ils sont en train de regarder si c’est possible” nous avons demandé de plus amples informations à ce sujet. De quoi s’agit-il précisément ? Si le cours magistral en ligne devait devenir une modalité d’enseignement à côté du triptyque actuel CM, TD, TP cela nécessiterait pour le moins une concertation dans les instances nationales : CNESER et CTMESRI. On nous a assuré : la Ministre n’avait pas la volonté d’imposer la mise en place de cours magistraux en ligne, il s’agit simplement pour elle de rappeler aux équipes pédagogiques qu’elles devaient, en toute autonomie, réfléchir à une adaptation des enseignements.

Si ces précisions peuvent nous rassurer, nous resterons vigilants sur ce point et tout particulièrement quand l’argumentaire suivant est avancé dans une tribune de l’AUREF : “Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche français, en majorité mal dotés (…) doivent maintenant se repenser sur un nouveau modèle organisationnel fondé sur une hybridation entre travail en présentiel et en distanciel … “. (11 mai 2020). Mettre en place des formations hybrides ou à distance pour répondre au manque de moyens est une fausse bonne raison, car cela nécessite un travail qu’il faudra rémunérer ce qui engendre des coûts supplémentaires.