Mercredi 20 janvier s’est tenue la cérémonie d’investiture de Joe Biden sur les marches du Capitole, siège du Congrès à Washington. Dans la capitale, 20 000 soldats avaient été déployés. L’atmosphère était particulière après l’attaque du 6 janvier sur ce bâtiment, symbole de la démocratie américaine. Joe Biden a déclaré lors de son discours : « Nous avancerons avec urgence car nous avons beaucoup à faire en cet hiver de grands périls », évoquant entre autres la montée de l’extrême droite et des théories complotistes dans le pays. Pour l’UNSA Éducation, c’est le moment de faire le point sur cette menace.

« Nous avons appris à nouveau que la démocratie est précieuse, la démocratie est fragile et, à cette heure mes amis, la démocratie l’a emporté » a annoncé Joe Biden, conscient que les États-Unis sont durablement marqués par la présidence de Donald Trump. Son héritage, son idéologie politique, le « trumpisme », risque de perdurer. En effet, que ce soit à la Cour suprême ou dans les tribunaux de chaque État, dans les figures les plus exposées médiatiquement comme dans les directions locales du parti, dans les médias et les réseaux sociaux prisés de l’électorat républicain, ce sont soutiens et alliés qui ont pris place. Ainsi, le trumpisme dépasse la personne de Donald Trump et transforme en profondeur l’électorat et la vie politique américaine.

Une nébuleuse d’extrême droite inquiétante

La foule rassemblée le 6 janvier en est un exemple inquiétant. Différents groupes étaient présents. L’avant-garde a été menée par des Proud Boys, une milice d’extrême droite (voir notre article à ce sujet p.26 dans l’éduc’mag n°165 – décembre 2020), et des nationalistes blancs. Bien organisés et violents, il semble qu’ils aient mené la charge. Ce sont eux qui ont cassé les fenêtres du Congrès. Il y avait également des complotistes du mouvement QAnon (voir notre article à ce sujet p.24 dans l’éduc’mag n°164 – octobre 2020). La photo d’un homme portant une coiffe en fourrure avec des cornes a largement circulé. Il s’agit d’un membre connu dans les cercles conspirationnistes. Plusieurs groupes néo-nazis étaient également présents et arboraient symboles et signes de reconnaissance de cette mouvance. Le dernier groupe présent était composé d’électeurs et d’électrices pro-Trump. Ils sont généralement restés à l’arrière et se sont peu aventurés à pénétrer dans le Capitole. Enfin, on a pu constater la présence nombreuse d’anciens combattants, prompts à utiliser les armes.

Ce rapprochement entre ces différentes mouvances va-t-il durer ? Difficile à dire, mais il doit être évité. La réaction dans le parti républicain a été mitigée. Liz Cheney, l’une des cheffes de la minorité républicaine, a été l’une des rares à dénoncer : « Le Président a convoqué cette meute, rassemblé cette meute et allumé la mèche ». Du côté de Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, il y a au contraire eu des réticences au moment d’autoriser la procédure d’impeachment. Seuls dix républicains ont voté avec les démocrates en faveur de la procédure. Pourquoi ? Si les élus républicains n’approuvent pas l’attaque historique du Capitole, ils ne veulent pas pour autant s’aliéner le soutien des millions d’Américains trumpistes.

Le trumpisme, ferment de l’extrême droite

Il ne faut pas l’oublier : soixante-quatorze millions d’Américains ont donné leur voix à Donald Trump. Selon un sondage de NBC diffusé le 17 janvier, 87% des sympathisant·es républicain·es ont une vision favorable du président sortant. Les deux tiers sont ravi·es de l’avoir soutenu à la présidentielle, quand seulement 5% ont regretté leur choix. Une autre enquête voit même 73% des électeurs et électrices du parti républicain assurer qu’il continue de protéger la démocratie. Dans une enquête sur le parti républicain publiée le 14 janvier par le New York Times, il apparaît que le complotisme, le refus des faits avérés, le suprémacisme blanc sont désormais des idées implantées et défendues au sein des branches locales du parti. Le trumpisme risque de perdurer.

Il est indispensable d’informer et éduquer afin de faire face à ces idées et mouvements dangereux pour la démocratie. De telles idées ont trouvé des échos en France et en Europe. C’est pourquoi il faut mieux connaître les contours de cette mouvance afin d’être capable d’en limiter le développement. L’UNSA Éducation s’engage fermement contre l’extrême droite et dans ce combat pour agir et informer face aux idées et aux porteurs de haine.